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Futur joueur de Dubaï la saison prochaine, Mam Jaiteh sort de deux saisons pleines avec l’A.S. Monaco, auréolées d’un titre de champion de France en 2024 et d’une apparition en finale de l’EuroLeague cette année. Des performances qui ont convaincu Frédéric Fauthoux de le convoquer cet été avant de le retenir dans le 12 final pour disputer l’EuroBasket 2025 avec l’Equipe de France.
Dix ans après sa dernière apparition sous le maillot Bleu dans une compétition internationale, Mam Jaiteh s’apprête donc à faire son grand retour. Un accomplissement sur lequel le MVP de l’EuroCup 2022 est notamment revenu pour nous à l’occasion d’une interview exclusive réalisée dimanche lors d’une conférence organisée par la FFBB. Entretien.
Le sélectionneur national s’est séparé de Nadir Hifi. Un choix qui n’a pas été évident de l’aveu de Frédéric Fauthoux...
Le groupe est très homogène et c’est très difficile de sortir un joueur en particulier. La décision est très compliquée. C’est vraiment un choix du coach, qui a tranché sur les profils dont il voulait à disposer à l’Euro. Seule la compétition et les résultats diront si c’était le bon choix.
Pensez-vous que votre performance de samedi à Bercy face à l’Espagne a convaincu le sélectionneur de partir avec 4 intérieurs à l’EuroBasket (Mam Jaiteh, Guerschon Yabusele, Alex Sarr et Jaylen Hoard) ?
Je ne suis pas certain qu’il y ait un rapport. C’est le contexte qui fait qu’on se retrouve diminué à l’intérieur. Mais aussi le fait qu’on ait autant de talent sur l’extérieur. Ca rend les choix difficiles. Mais c’est sur que c’est important pour moi de pouvoir rassurer sur ce secteur intérieur au regard du contexte.
Ressentez-vous, les big men, davantage de pression en partant à l’Euro à 4 ?
Je ressens davantage de responsabilités. Et certaines attentes. Mais je suis à un stade de ma carrière et de ma vie parfait pour répondre à un tel challenge. Je suis plus excité qu’autre chose.
Cela vous motive-t-il encore plus pour la compétition ?
Non. Je suis dans le même état d’esprit depuis le début. Pour moi ça va être l’occasion de faire un Euro où je vais pouvoir jouer, avec un rôle à aller chercher. Ce qui sera nouveau pour moi. Le dernier Euro auquel j’ai participé (2015), j’étais très jeune, avec des responsabilités très limitées.
Justement, est ce que l’EuroBasket 2015 disputé à la maison et lors duquel vous avez remporté le bronze peut vous servir cette année ?
C’était exceptionnel. J’étais au premier rang pour observer le contenu de la compétition et toute la difficulté d’un Euro : l’enchaînement des matchs, la nécessité de ne jamais sous-estimer un adversaire, etc. Certains matchs face à de grosses équipes sont parfois plus faciles à appréhender que des confrontations avec des sélections supposées moins dangereuses. On sait que ca va être long. L’équipe est extrêmement talentueuse mais elle reste assez jeune. Je vais donc devoir réussir à apporter une certaine expérience.
Guerschon Yabusele a été nommé capitaine de l’Equipe de France. Pour autant on a le sentiment que le leadership est véritablement partagé au sein du groupe. Partagez-vous ce constat ?
Ce qui est bien, c’est qu’on ressemble plus à une bande de potes. Y a des différences générationnelles, mais il y a une excellente entente avant tout. Et le match d’hier (samedi) a parfaitement symbolisé cela. La solidarité qu’on a montré à la mi-temps dans le vestiaire, ca découle de cette cohésion.
Vous faites votre grand retour en bleu dix ans après avoir vécu votre unique campagne en Equipe de France A. Que ressentez-vous ?
C’est un mix de fierté et de plaisir. Fierté parce que porter ce maillot c’est comme une parenthèse lors de laquelle on met tout le reste de côté. C’est vraiment unique. Je suis content aussi parce que j’arrive dans un contexte où je vais pouvoir jouer. Le timing est parfait.
Vous évoluez aux côtés de Matthew Strazel à Monaco depuis deux ans. Votre connexion peut-elle avoir son importance ?
Oui. Le simple fait d’avoir partagé autant de temps avec Matthew et Elie (Okobo, joueur de Monaco également), ça facilite les choses. On n’a pas besoin de se parler pour se comprendre. Dans une préparation très courte, ça permet de gagner du temps dans la création d’automatismes. Et on est typiquement à la recherche de tout ce qui peut accélérer la création d’une alchimie au sein du groupe.
Est-ce que votre dernière saison avec la Roca Team, très aboutie, vous aide à être plus confiant encore avec le maillot bleu ?
A 100%. Plus que ma saison, c’est ma carrière qui me permet d’être confiant. Il y a peu de choses que je n’ai pas vécues. Dans le positif comme dans le négatif. Et c’est ce qui permet de faire face aux hauts et aux bas d’un match de haut niveau. C’est pour cela que je dis que le timing est parfait cette année pour rejoindre l’Equipe de France. C’est le meilleur moment pour moi.
Vous avez le sentiment d’être à 100% physiquement et mentalement ?
Je me sens très bien. Je me sens libre de pouvoir performer, jouer. Tout en ayant conscience de la responsabilité qui est la mienne et du rôle que j’ai à jouer. Je sais que pour atteindre nos objectifs, tout le monde devra contribuer. Moi y compris.
Frédéric Fauthoux a-t-il des attentes spécifiques vous concernant où veut il vous voir remplir le même rôle qu’à Monaco ?
Cela n’a pas été précisé à ce stade. Ce qui ressort beaucoup de nos discussions, c’est la nécessité d’amener de la sérénité et de l’expérience au groupe. Je ressens de la confiance de la part du staff et des joueurs. A moi de leur rendre la pareil et de leur apporter tout mon vécu.
Cette longue expérience vous donne-t-elle une voix supplémentaire au sein du vestiaire ?
C’est pas compliqué, je suis le plus vieux de l’équipe ! (rires) Ca me rajeunit pas. Quand je parle, je sens que je suis un peu plus écouté. Je suis un peu plus observé aussi. Je vais être responsabilisé sur le terrain et en dehors […]. Je vais essayer de profiter au maximum de cette campagne pour avoir aucun regret à la fin.
Alexandre Sarra a fait parler de lui sur cette préparation, avec notamment un gros match en ouverture face au Monténégro (19 points). Quel regard portez-vous sur lui ?
Il est extrêmement talentueux. C’est impressionnant ce qu’il sait faire avec ses mensurations. Je suis très content qu’il soit là. On est complémentaires et on apporte des choses différentes. Il va prendre beaucoup d’expérience sur la compétition et on le reverra sur les prochaines années avec le maillot bleu. J’ai aucun doute là-dessus.
Credit : The Playoffs