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Ecarté de l’Equipe de France l’an dernier au stade de la préparation pour les jeux de Paris 2024, Jaylen Hoard a été retenu dimanche dans le 12 final pour l’Euro par Frédéric Fauthoux. Une consécration pour l’ancien joueur des Blazers et du Thunder, encore précieux samedi dans la victoire aux forceps des Bleus face à l’Espagne (78-73), qui attendait ce moment avec impatience.
Présent auprès des tricolores lors de l’annonce de la liste finale par le sélectionneur national, The Playoffs a profité de l’occasion pour faire le point avec l’intérieur du Maccabi Tel-Aviv. Entretien.
Vous avez vécu une première mi-temps compliquée face à l’Espagne samedi (28-44 à la pause). Que s’est il passé dans le vestiaire pour que vous renversiez la vapeur ?
On s’est parlé. On s’est dit qu’il fallait déployer une autre énergie après la pause, montrer un autre visage que celui de la première période. On s’est parlé, on est restés ensemble, et on a fourni un meilleur effort en seconde mi-temps. C’est ce qui nous a permis de gagner le match.
Vous avez bénéficié du 4ème plus gros temps de jeu de l’équipe à Bercy (20 minutes), comment décririez votre rôle au sein de l’Equipe de France ?
J’ai un rôle important du fait de ma polyvalence et de ce que je sais faire sur le terrain. Quand je rentre à la place de Guerschon Yabusele, je m’efforce de ne pas faire baisser le niveau. J’essaye de faire des choses un peu différentes et surtout d’apporter de l’énergie à l’équipe, ce que je sais faire de mieux.
Recalé lors de la préparation aux J.O. l’an dernier, vous participerez cet été à votre première compétition internationale avec les A. Qu’est-ce que vous ressentez ?
C’était un objectif depuis un moment. Toutes les préparations réalisées m’ont beaucoup aidé à l’atteindre. Faire enfin partie de l’équipe c’est un bonheur. Mais c’est le fruit du travail et de la patience aussi. Je suis vraiment content, et j’ai hâte maintenant de débuter la compétition.
Qu’est ce qui a fait la différence pour que vous arriviez cette fois à intégrer la sélection nationale ?
La préparation aux jeux de Paris m’a beaucoup aidé. Elle m’a permis de progresser. Je le vois bien, je suis meilleur que l’an dernier. Je me suis davantage intégré à l’équipe. Et j’ai montré de bonnes choses.
Frédéric Fauthoux louait vendredi « l’incroyable » état d’esprit du groupe tricolore. Pouvez-vous nous décrire l’ambiance dans l’Equipe de France ?
Le groupe vit bien. Il y a une bonne entente générale et une vraie cohésion. Sur et en dehors du terrain. Même dans les moments difficiles on arrive à se parler. Et c’est le plus important car il n’y a pas que des hauts dans le sport. C’est important d’être soudés et on l’a vu samedi soir à la mi-temps. J’étais content de voir qu’on pouvait être soudés lorsque ça va mal. Franchement ça se passe très bien. J’ai appris à connaître certains joueurs et je me sens bien ici.
Nadir Hifi a été écarté de l’Equipe de France pour la seconde année consécutive. Comment le groupe a-t-il réagit à son départ ?
C’est difficile. Il est comme un frère pour nous. On s’entend tous bien avec lui. C’est un super gars et un super joueur. Il est super jeune donc il a un bel avenir et il aura d’autres opportunités en équipe de France. Ca va le motiver cette année pour l’EuroLeague et pour les prochaines compétitions à venir. C’est difficile mais je ne me fais pas de souci pour lui. Il a une belle carrière devant lui.
L’équipe de France partira avec 4 intérieurs seulement à l’EuroBasket 2025 suite au forfait de Vincent Poirier et au refus de Moussa Diabaté de réintégrer le groupe. Cela vous met-il plus de pression ?
C’est le monde professionnel donc il faut s’adapter. Les blessures et les absences, ça fait partie du jeu. On a beaucoup de joueurs polyvalents, donc ça peut aussi être une force. Il faut qu’on travaille, qu’on s’entraîne, et qu’on voit comme tourner cela à notre avantage.
Vous vous apprêtez à jouer Israël en phase de Groupe. Qu’est ce que cela signifie pour vous, qui évoluez au sein de l’état hébreu depuis plusieurs saisons ?
C’est génial d’avoir l’occasion d’affronter Israël. Je vais pouvoir me frotter à mes anciens coéquipiers de l’Hapoël Tel-Aviv et ceux que j’ai actuellement au Maccabi.
Justement, vous avez resigné cet été au sein du club nation et prolongé votre bail jusqu’en 2028. Qu’est ce qui a motivé ce choix ?
J’ai signé l’an dernier un contrat 1+1 sans conditions de sortie. Donc je voulais modifier notre accord pour rehausser mon salaire et m’engager davantage dans la durée. Le club m’a permis de progresser, j’adore jouer pour Oded Kattash, et je me plais beaucoup à Tel-Aviv. D’autant que je pense qu’on a de bonnes chances de faire de belles choses avec le Maccabi au regard du recrutement effectué cet été. Ceci explique cela.
La situation au Proche-Orient est très compliquée actuellement. Comment gérez-vous un tel contexte ?
Au début ça ne m’affectait pas du tout. Mais j’ai changé d’état d’esprit lors des attaques de l’Iran. Du coup j’ai eu une petite hésitation lorsque le championnat s’est arrêté. je suis rentré en France et je me suis posé quelques questions. Mais la situation actuelle est globalement maîtrisée donc je ne me fais pas trop de souci. Et s’il se passe quelque chose de grave, je sais qu’ils feront en sorte de nous mettre en sécurité.
Vous sortez d’une bonne saison en EuroLeague (14,7 points et 5,0 rebonds) pour votre première expérience à ce niveau. Quels objectifs vous fixez-vous pour le prochain exercice ?
Comme chaque année, le but c’est de continuer à progresser. Sur le plan individuel et bien entendu au sein de l’Equipe de France. Essayer d’aider l’équipe à gagner. Pareil au Maccabi, essayer de produire de bons matchs en impactant toujours plus le résultat final. Faire une meilleure saison que l’an dernier.
Avez-vous en tête de retrouver un jour la NBA, où vous avez passé 3 ans ?
C’est un objectif auquel je ne pense pas tous les jours, parce que ce qui me permet d’être serein mentalement, c’est de me concentrer sur le moment présent. Si tu te projettes trop, tu risques de te perdre. Chaque chose en son temps. L’entraînement quotidien, la discipline, c’est ce qui m’aide à bien jouer. Donc je ne me concentre que sur mes objectifs à court terme. Avec toujours l’idée d’être la meilleure version de moi-même et d’évoluer au plus haut niveau possible.
Quel rôle vos parents (Katia Foucade et Antawn Hoard), tous deux basketteurs, ont joué jusqu’ici dans votre carrière ?
Ils m’ont beaucoup apporté. Ma mère était en équipe de France, mon père en Pro A pendant de longues années donc ils m’ont donné beaucoup de conseils. Ils m’aident encore aujourd’hui. Je les appelle régulièrement pour avoir leur avis. Et ils sont bien entendu derrière moi.
Justement, avez-vous parlé avec votre maman de son expérience sous le maillot tricolore ?
Récemment elle m’a appris qu’elle avait joué contre la maman des frères Hernangomez. Juancho m’en a parlé durant la saison d’EuroLeague, et Willy m’en a touché deux mots samedi. C’est une belle anecdote (rires).
Credit : The Playoffs