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Cela faisait bien longtemps que Sacramento et les Kings, ville calme de Californie, n’avaient pas vu arriver à l’intersaison un joueur six fois All-Star et médaillé d’or olympique. Cela est pourtant bien arrivé cet été avec l’acquisition de DeMar DeRozan, 31ème au classement des meilleurs marqueurs de l’histoire de la NBA, dans un projet plus ambitieux que jamais.
Rejoindre les Kings, un changement de conférence
Effectivement, l’ancienne légende de Toronto est arrivé dans le Nord de la Californie cet été par un « sign-and-trade », qui consiste à s’accorder sur un contrat avec l’équipe que vous voulez rejoindre puis y être transféré. De ce point de vue-là, DeRozan a donc pleinement fait le choix de rejoindre les Kings, même s’il a été transféré.
Un choix qui peut notamment s’expliquer par la volonté de retrouver de la compétitivité collective alors que les Bulls n’ont gagné que 79 matchs ces deux dernières années contre 94 pour Sacramento (dont une troisième place à l’Ouest en 2022-23). Un changement aussi de conférence, dans un Ouest toujours plus dense et bien plus relevé que l’Est depuis plusieurs années.
« J’ai joué dans l’Ouest trois ans quand j’étais à San Antonio. Pour moi, tu veux cela [évoluer dans une conférence plus difficile]. En tant que compétiteur, tu veux être mis dans la compétition la plus dure, cela tire le meilleur de toi-même.
Donc j’ai hâte de découvrir cela, ces gars [les Kings] sont extrêmement talentueux, ils veulent gagner : du haut de l’organisation au bas, les supporters… tout le monde. Quand tu vois quelque chose comme ça, tu veux en faire partie et j’ai juste hâte d’apporter chaque soir. » confiait d’abord l’ex-arrière des Spurs entre 2018 et 2021.
DeMar DeRozan went OFF in Detroit for his 3rd straight 30-point game 🔥
39 PTS | 7 AST | 3 STL | 14-22 FGM | W pic.twitter.com/PfFbZWCVwo
— NBA (@NBA) April 12, 2024
DeRozan le sait, en rejoignant les Kings, il arrive dans une équipe jeune (seuls 2 joueurs dans l’effectif ont plus de 28 ans), bourrée de talent et dans un projet très ambitieux après la troisième place de conférence il y a deux ans et deux apparitions en Playoffs consécutives.
Alors à 35 ans, cette escapade californienne est peut-être la dernière aventure ambitieuse et compétitive à laquelle il prendra pleinement part. De quoi lui faire endosser un nouveau rôle ?
« Ça a toujours été mon boulot, essayer de montrer l’exemple. Vous savez, je ne suis pas le plus bavard souvent, mais vous savez ce que vous allez avoir de mois chaque jour. […] Être compétitif au plus haut niveau, je suis un « chien » quand il s’agit de cela, je veux juste gagner. » déclarait DeRozan face aux nombreux journalistes venus découvrir avec curiosité le nouveau visage de la franchise.
Une équipe trop talentueuse ?
Mais en ajoutant un joueur tel que DeMar DeRozan (24 points, 5.3 passes décisives et 17.2 tirs de moyenne l’an passé, plus de 20 points de moyenne par matchs chaque année depuis 2013), les Kings ont-ils saturé un effectif déjà bien rempli de joueurs talentueux, demandeurs de ballons dans leurs mains (Keegan Murray, De’Aaron Fox, Malik Monk, Domantas Sabonis…) ?
C’est en tout cas la petite musique qui est revenue cet été chez certains experts américains, qui ne voient comment autant de talents vont réussir à s’entendre. Une analyse pas franchement au goût du natif de Compton.
« Quand j’entends des gens dirent des choses comme celles-là, cela me montre à quel point ils ne connaissent pas le basket-ball. Nous venons juste de voir Boston être champion, avec tout le talent qu’ils ont dans leur équipe, ils ont fait fonctionner [cela].
Vous devez avoir du talent dans cette ligue, cela ne plus être un gars qui y va et qui le fait ou deux gars. Vous avez besoin d’un effort collectif de gars qui sont capable d’y aller et d’être compétitifs chaque soir. Vous ne pouvez pas juste vous reposez sur deux gars qui vont vous sauver. C’est un effort d’équipe.
Et vous regardez cette équipe, vous avez du talent de haut en bas : sur le banc, les titulaires, quoi que ce soit donc vous avez besoin de cela si vous voulez gagner à un très haut niveau. » réfutait-il avec entrain.
En effet, DeRozan préfère se délecter de la profondeur exceptionnelle de cet effectif, bâti pour les sommets, et surtout démentiel en attaque (meilleure évaluation offensive de la ligue en 2022-23 et 9ème meilleure attaque la saison passée).
« Vous l’avez vu ces dernières années. […] Le niveau qu’ils ont, si on met de côté les blessures l’an passé, c’était une top équipe. Le ciel est la limite et c’est quelque chose qui a été attractif pour moi. […] Je savais à quel point cette équipe était déjà incroyable, à quel points ils étaient bien coachés. » confiait enfin l’arrivant de Chicago.


DeMar DeRozan (tout à droite) au milieu de ses nouveaux et jeunes coéquipiers. Mandatory Credit: Sergio Estrada-Imagn Images
Alors avec un effectif plus talentueux que jamais et des leaders dans la force de l’âge, est-ce enfin la bonne année pour les Kings pour renouer avec le passé glorieux des Rochester Royals (seule titre de la franchise en 1951) ?
Seul l’avenir le dira, mais Sacramento y croit…
© Sergio Estrada-Imagn Images