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Deux titularisations, et certains se demandent déjà si la course à la signature de Roki Sasaki en tant qu’agent libre en valait vraiment la peine.
C’est ça, le sport. Est-ce juste ? Pas vraiment. Mais les ligues majeures n’ont jamais été un endroit indulgent.
Si frapper une balle de baseball est la chose la plus difficile dans le sport, alors les frappeurs doivent adorer quand ils n’ont même pas besoin de balancer. Sasaki, lors de ses deux premiers départs en MLB – l’un à Tokyo, l’autre au Dodger Stadium – a déjà accordé neuf buts sur balles en seulement 4 manches 2/3.
Les premières impressions ? Une balle électrique, un contrôle incertain, et deux victoires des Dodgers.
Le manque de précision de Roki Sasaki était évident dès son premier lancer samedi soir. Il a raté la zone de plus d’un pied sur ses deux premières fastballs. Sur 61 lancers, seulement 32 ont été des prises, et il n’a même pas terminé la deuxième manche. Il a accordé quatre buts sur balles, concédé trois coups sûrs et encaissé deux points. Sa soirée s’est terminée sur une victoire 7-3 des Dodgers, mais pour Sasaki, elle s’est conclue sur une déception.
Au lieu de remettre la balle au manager Dave Roberts en quittant le monticule, Sasaki a directement pris le chemin des escaliers menant au vestiaire. Une diffusion japonaise l’a ensuite montré de retour sur le banc, les yeux rougis. Sasaki a nié avoir pleuré, mais le moment était révélateur : c’était une situation qu’il n’avait jamais connue auparavant — l’échec.
Au Japon, Sasaki était un phénomène. Deux fois All-Star en NPB, plus jeune lanceur à réussir un match parfait dans l’histoire de la ligue, et une star nationale depuis le lycée. Mais ici, au Dodger Stadium, il est apparu humain, comme un jeune lanceur parmi d’autres essayant de trouver ses marques — et surtout, le contrôle de ses lancers.
Le talent de Roki Sasaki n’a jamais été remis en question. Son bras est un don. Mais savoir s’il deviendra l’un des meilleurs lanceurs du baseball, ou même s’il obtiendra une place durable dans la rotation des Dodgers, dépend d’un facteur moins tangible. Il a 23 ans, et pour la première fois, il échoue.
Que va-t-il se passer maintenant ? Personne ne le sait. Une chose est sûre : Sasaki effectuera son prochain départ à Philadelphie, pas en Triple-A à Oklahoma City.
Les Dodgers n’ont pas besoin qu’il soit parfait dès maintenant. Ils peuvent se permettre d’être patients. S’il lui faut quelques départs de plus pour s’adapter, qu’il en soit ainsi. S’il a besoin d’un passage en ligues mineures, ils ont la profondeur nécessaire pour le couvrir.
Les Dodgers peuvent se permettre d’être patients avec Sasaki, car ils ont déjà prouvé qu’ils peuvent gagner sans lui. Ils peuvent le considérer comme un investissement à long terme plutôt qu’une nécessité immédiate.
Roki Sasaki, encore un gamin au fond, vient de traverser une semaine médiatique intense à Tokyo et se retrouve maintenant dans une ligue totalement nouvelle, loin de chez lui. Il doit potentiellement composer avec le décalage horaire, une balle différente, et les nerfs naturels d’une telle transition.
Il est encore en développement, et bénéficiera du climat serein d’une organisation Dodgers en confiance.
Credit Photo : Jonathan Hui-Imagn Images