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ITW Joakim Noah : « Wemby a le potentiel pour devenir le visage de la NBA »

Maxime Bodilis

Joakim Noah a porté haut les couleurs du basket français 15 années durant. Double champion NCAA, 2x All-Star, meilleur défenseur de l’année 2014, médaillé d’argent à l’Euro 2011, Jooks s’est construit un superbe palmarès de part et d’autre de l’atlantique. Retiré des parquets en 2020 et de passage à la NBA House de Sao Paulo, l’ex-Bull de Chicago a ouvert pour nous la boite à souvenirs. Et pris le temps d’évoquer les Finals à venir, le succès de la formation tricolore et le dernier titre de Florida. Entretien.

La finale NBA démarre jeudi et opposera Indiana à OKC. Que penses-tu de cette confrontation inédite ?

On a de super Playoffs! Je kiffe et je regarde tous les matchs. La concurrence est énorme et tout le monde joue dur. Et on aura droit à un nouveau champion ! C’est incroyable de voir ce que le Thunder a été capable de construire via la Draft. C’est vraiment une belle équipe. Avec une attaque incroyable, emmenée par Shai Gilgeous-Alexander. Et une excellente défense, aussi.

« Je suis un grand fan de Jokic »

SGA a raflé le titre de MVP de la saison au terme d’une lutte acharnée avec Nikola Jokic, auteur lui-aussi d’une saison monstrueuse. Pour qui aurais-tu voté et pourquoi ?

Je suis un grand fan de Jokic. Et ça a été hyper serré toute l’année. Mais le fait que Shai prenne le dessus sur Denver et Jokic en Playoffs justifie pour moi le fait qu’il ait été désigné MVP. C’est mérité.

Le titre de MVP a terminé pour la 7ème année de rang entre les mains d’un « étranger ». Qu’est ce que cela dit, selon toi, sur l’évolution du basket international ?

La NBA est définitivement globale. Le monde entier y a accès via son smartphone. Chacun peut voir comment les joueurs s’entraînent tous les jours et le niveau s’équilibre clairement. J’espère d’ailleurs qu’un All-Star Game opposant les joueurs étasuniens au reste du monde verra le jour. Ce serait vraiment intéressant.

Joakim Noah, Derrick Rose et Tom Thibodeau sous les couleurs des Bulls en 2013 (Credit: David Banks-USA TODAY Sports)

Derrick Rose a fondu en larmes lorsque tu as pris la parole à la cérémonie de retrait de son maillot au United Center. Que représente-t-il pour toi ?

Derrick est comme un frère pour moi. On a vécu des moments difficiles, avec beaucoup d’adversité, de blessures. Mais on a vécu des choses extraordinaires ensemble. Maintenir ce lien très fort, après tout ce qu’on a traversé, ca veut dire beaucoup. J’étais chez lui à Chicago la semaine dernière, il est actuellement à Roland Garros et on se verra la semaine prochaine. C’est vraiment un frère. Je suis fier de lui et de notre relation.

« Je pense vraiment que la ville pourrait brûler »

Tu as passé l’essentiel de ta carrière aux Bulls, où tu as connu tes meilleures années avec notamment deux sélections au All-Star Game. Quel regard portes-tu sur le projet actuel de Chicago, éliminé lors du Play In pour la troisième année de rang ?

En tant qu’ancien, il faut parfois savoir fermer sa gueule (rires). J’adore Billy Donovan, le coach, pour qui j’ai joué à Florida. Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de travail à faire là-bas.

New-Yorkais de cœur et ancien Knick, tu as évolué sous les ordres de Tom Thibodeau lorsque tu jouais aux Bulls. Qu’as-tu ressenti en voyant NY rallier la finale de conférence Est pour la première fois depuis 2000 ?

C’est intéressant de voir ce qui est en train de se passer là-bas. Le basket est comme une religion à New York. Et les Knicks sont une équipe qui rassemble. Comme Paris, Big Apple est un véritable melting pot aussi. Donc si les Knicks venaient à remporter le titre, je pense vraiment que la ville pourrait bruler (rires).

Comment expliques-tu le succès phénoménal des frenchies lors des dernières drafts (6 français pris au 1er tour en 2 ans), alors que 4 tricolores sont encore attendus au 1er tour cette année ?

C’est une très belle histoire. Le basket français fait un incroyable travail pour développer les joueurs. On le voit chaque année avec les Français qui intègrent la NBA. Ca a commencé avec Tony Parker, qui a clairement inspiré toute une génération avec ses titres en Bleu comme aux Spurs. Et aujourd’hui on voit des talents comme Victor Wembanyama, qui a le potentiel pour devenir le visage de la NBA. C’est un garçon qui a la tête sur les épaules et qui en veut, qui à son tour va inspirer une autre génération de basketteurs. Ca montre que la formation en France fonctionne.

« Le NIL offre une autre option aux joueurs français »

Toi qui a connu les deux systèmes, quelle différence vois-tu entre la formation à la française et la formation à l’américaine ?

Comme tu le dis, j’ai eu la chance de voir les deux modèles. Quand je jouais pour Levallois, dont j’ai porté le maillot jusqu’à mes 12 ans, j’avais la possibilité de voir évoluer les minimes et les espoirs. Je voyais donc ce qu’il fallait faire pour atteindre le prochain niveau. Le système américain ne le permet pas. La formation française est bien organisée.

En parlant de formation, la NCAA a mis en place récemment le NIL (Name, Image and Likeness). Quel regard portes-tu sur ce nouveau règlement, qui permet enfin aux étudiants-athlètes d’être rémunérés au titre de leur image et de leur nom ?

C’est bien. La NCAA génère des milliards de dollars, notamment en droits télévisuels. Une somme sur laquelle jusqu’ici les joueurs ne touchaient rien. Ils méritent donc d’être rémunérés. D’autant que le marché le permet. A mon époque, j’avais des coéquipiers qui venaient de milieux très modestes, qui ne gagnaient rien et qui galéraient pour fournir à leur famille des billets pour assister à nos propres matchs ! En tout cas le NIL offre clairement une autre option aux joueurs français. Une option intéressante pour les familles dont les enfants ont le potentiel pour devenir pros. C’est quelque chose de très important.

Joakim Noah sous les couleurs de Florida, lors du sacre de 2007 (Credit: Jason Parkhurst-USA TODAY Sports Copyright © 2007 Jason Parkhurst)

Qu’as-tu ressenti en voyant Florida, l’université avec laquelle tu as remporté deux championnats en 2006 et 2007, être de nouveau sacré en avril dernier ?

Ca m’a rappelé beaucoup de super souvenirs. Ca m’a permis de passer un peu de temps avec certains des joueurs. Et ça m’a rendu fier. Fier d’avoir fait partie de cette université. Fier de l’esprit de compétition qu’ils ont démontré. Les Gators ont gagné cette année et auront encore une super équipe la saison prochaine, donc on est excités.

Propos recueillis à Sao Paulo par Charles Taudin.

Credit : Rédaction The Playoffs

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Rédac' Chef « Basket » chargé de la qualité des contenus et du respect de notre ligne éditoriale. Ancien joueur de la SIG Strasbourg reconverti dans le journalisme. Passé par les centres de formation BeBasket, Reverse et Skweek avant de rejoindre The Playoffs. Biberonné aux dunks de Shawn Kemp et aux duels Pau-Limoges. Fan inconditionnel de Damian Lillard et Laurent Sciarra. Les highlights de Wemby illuminent mes journées. Et le shoot de Diamantidis continue de hanter mes nuits.

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