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“Tout est plus grand, tout est amplifié, c’est une autre dimension” : Zaccharie Risacher a connu une saison rookie pleine de nouveautés

Jean Fabre-Jevanoff

Zaccharie Risacher termine sa première saison NBA. Une année qui le verra peut-être récompensé par le titre de Rookie de l’année et par une sélection à l’EuroBasket avec la France. En attendant, le joueur des Hawks est revenu sur la nouvelle dimension dans laquelle il est entré.

Risacher surpris par toute l’attention qu’il a reçue

Interrogé par Thanasis Antetokounmpo, le Français a confié avoir été surpris par les médias américains.

“Ouais, clairement. Comme tu dis, il y a plus d’attention. Surtout quand tu viens d’Europe, tu ne reçois pas autant d’attention que ce que tu peux avoir ici, aux États-Unis. Les médias, c’est vraiment différent. Je trouve qu’aux États-Unis, tout est plus grand. Que ce soit les routes, les bâtiments… mais aussi les médias, les réseaux sociaux, tout ça. C’est vraiment une autre dimension. Et en tant que numéro un de la draft, ça vient forcément avec beaucoup d’attention. Je n’étais pas du tout habitué à ça quand j’étais en Europe.”

Le rookie n’était pas habitué à cette attention, ce qui illustre l’importance des médias en NBA. Mais aussi la différence de traitement de l’information entre la France et les États-Unis.

“C’est fou. Le fonctionnement des médias ici, c’est un autre monde. Genre, je suis dans le vestiaire, je prends ma douche, et y’a 15 mecs avec des caméras et des micros. Je suis à moitié à poil, je viens d’arriver, et je me dis : « Mais c’est quoi ce délire ? » C’est ça, les États-Unis. Tout est plus grand, tout est amplifié, c’est une autre dimension. Et je pense que c’est l’exemple parfait pour montrer à quel point je n’étais pas habitué à tout ça.”

Il faut dire que son traitement médiatique fut particulier, en raison de sa nationalité et du fait qu’il soit tout en haut de la pile des prospects.

Être premier choix de la draft, une récompense pour le travail accompli

Lors de la dernière draft, Zaccharie Risacher a été choisi en première position par Atlanta. Ce fut la deuxième année consécutive qu’un Français était first pick, après Victor Wembanyama l’année précédente. Une place qui vient récompenser les efforts consentis par le jeune homme au cours de son parcours.

“Ça fait du bien. J’ai travaillé dur toute ma vie pour me donner une opportunité comme celle-ci. Et ouais, j’étais vraiment fier de moi. C’était vraiment quelque chose de spécial pour moi et ma famille. Et je pense aussi que j’ai eu de la chance, tu vois, d’être dans cette équipe. Je trouve que les Atlanta Hawks, c’est une super organisation. Ils m’ont mis dans les bonnes conditions pour me développer, pas seulement en tant que joueur, mais aussi en tant qu’être humain. Donc ouais, je suis vraiment reconnaissant pour le parcours que je vis en ce moment.”

L’ancien de la JL Bourg-en-Bresse a découvert sa place de numéro 1 seulement quelques instants avant qu’Adam Silver ne l’appelle.

“Le tout dernier moment. Je ne le savais pas avant. C’est quand j’ai entendu mon nom à la télé que je l’ai su. Je pense que mon agent le savait un peu avant, mais il ne me l’a pas dit, il voulait que ce soit une surprise pour moi. Et ouais, j’étais juste en train de vivre mon rêve. J’ai vraiment profité du moment. C’était probablement l’un des meilleurs instants de ma vie, juste d’entendre ces mots… Tu vois, c’est le genre de truc dont tu rêves toute ta vie. Et ouais, c’était super excitant.”

Pour le numéro 10 des Hawks, ce succès français n’est pas un hasard. La France compte beaucoup de joueurs très talentueux, selon lui. Un constat qui le rend fier.

“Ouais, carrément. On a beaucoup de talent en France. Et surtout la nouvelle génération, elle est très prometteuse. On a vraiment de bons joueurs. Je suis juste excité et reconnaissant de faire partie de tout ça, de faire partie du futur de mon pays. Ça veut beaucoup dire pour moi. Représenter la France dans une ligue aussi compétitive, c’est une vraie bénédiction.”

Le natif de Malaga fête ses 20 ans aujourd’hui. Et si certains cherchent encore leur voie à cet âge, lui semble avoir toujours su quel chemin il voulait suivre.

“Je l’ai toujours su, en fait. J’ai été élevé avec cette mentalité : mes parents m’ont toujours dit que si tu bosses dur, si tu crois en toi et que tu fais les choses bien, alors le ciel est la limite.”

Le goût du travail, la patience, la tête sur les épaules et un père ancien joueur pro (Olympiakos, Chalon-sur-Saône…). Voilà les clés de la réussite de Zaccharie Risacher.

“Je n’étais pas pressé, en fait. Depuis que je suis jeune, je savais ce que je voulais devenir. Mon père jouait en pro à l’étranger, donc très tôt, je le suivais sur le terrain, à ses entraînements, à ses matchs… C’est comme ça que je suis tombé amoureux du basket, grâce à lui. Et ouais, dès mon plus jeune âge, je savais que si j’avais le bon état d’esprit, la bonne attitude et la bonne approche, je pourrais atteindre mes rêves. J’ai toujours cru en moi. Mon premier rêve, c’était de jouer pro en France, d’abord. Et ensuite, c’était d’avoir un impact. Je voulais être un joueur qui compte dans une équipe, quelqu’un sur qui on peut compter pour gagner des matchs. C’était ça, mon objectif en championnat de France. Et ensuite, naturellement, je savais que je voulais aller en NBA. Mais étape par étape.”

Un plan progressif qui semble avoir porté ses fruits. Le joueur des Hawks cumule 24,7 minutes, 12,4 points, 3,6 rebonds et 1,3 passe de moyenne pour sa première saison. Il semble même déjà à l’aise sur le parquet, fruit d’une mise dans le grand bain précoce.

Risacher était prêt pour le défi physique de la ligue

Avec 2,05 m pour 91 kg, le Français ne correspond pas vraiment à une bête de muscles. Mais avec des débuts chez les pros à 16 ans, il a rapidement affronté des adultes, ce qui l’a préparé au défi physique de la NBA.

“Ouais, c’est vrai, tout le monde est très athlétique ici, mais en France aussi, le championnat est très physique et intense. Et la deuxième chose : les gens ne comprennent pas vraiment ce que ça signifie pour nous, parce qu’ils partent du principe que c’est comme leur parcours à eux, tu vois ? Eux, ils arrivent en NBA après le lycée ou la fac, donc ils jouent encore contre des gamins. Nous, on affronte déjà des hommes depuis longtemps.”

Pour rester en forme et répondre aux exigences physiques, l’ailier soigne son hygiène de vie, notamment son alimentation.

“Quand je suis arrivé ici, j’ai décidé d’avoir un chef. Comme ça, je peux vraiment me concentrer sur le basket, et aussi être sûr que ce que je mange est bon pour moi. Je voulais dépenser mon argent de manière plus intelligente, pas juste dans le luxe ou les voitures, mais dans ce qui peut faire une vraie différence sur le long terme. Et même cette saison, c’est beaucoup plus simple pour moi de juste mettre les pieds sous la table en sachant exactement ce que je vais manger, que ce sera sain, et bon pour mon développement.”

Une bonne alimentation, essentielle aux performances. Un travail de fond qui s’ajoute à la musculation pour prendre du volume.

“Mais oui, clairement, l’aspect physique fait partie de mes objectifs. Je bosse très dur là-dessus. Je suis en salle de muscu quasiment tous les jours. Mais il faut être intelligent avec ça, parce qu’on joue beaucoup de matchs.
Tu ne veux pas arriver cramé aux matchs et perdre en efficacité. Mais ouais, l’aspect physique est important. Et aussi, sur le terrain, je veux faire évoluer mon jeu.”

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Aujourd’hui, un joueur NBA doit savoir tout faire. Une polyvalence devenue indispensable pour figurer parmi les meilleurs. L’ancien de Betclic Élite l’a bien compris.

“Tu sais, quand les gens me posaient cette question, je répondais « je ne sais pas », parce que je pense que maintenant mon tir peut être mon go-to move, comme les tirs à trois points, mais je me sens plus à l’aise en étant complet, tu sais, je ne suis pas juste un tireur. Je peux tirer parce que je peux attaquer, donc maintenant j’ai de l’espace pour créer mon tir ou peu importe, tu sais. Je pense que plus tu sais faire de choses, plus il sera difficile pour la défense de te stopper, et c’est ça, mon état d’esprit. Et je ne veux pas avoir de limites.”

Jouant au même poste que son père, l’ancien de l’ASVEL reconnaît l’influence majeure de ce dernier dans son développement.

“Oui, je donne beaucoup de crédit à mon père, il est la principale raison pour laquelle je suis ici aujourd’hui. Quand je parle de choses techniques, c’est ça, c’est ce qu’il a fait, même pour le tir, les déplacements, la gestion du ballon. Il était juste… j’adorais m’entraîner avec lui, c’était notre truc, tu sais, depuis que je me souviens, j’avais cinq ou six ans, je jouais dans le jardin, c’était un vrai entraînement, tu sais, et j’apprenais tout de lui. Parce que mon père était mon héros, tu sais. Je voulais être comme lui, je voulais faire ce qu’il faisait, et je voulais juste apprendre.”

Considéré comme l’un des joueurs français les plus talentueux des dernières années, il peut rêver grand. À 20 ans, le shooteur à 44,9 % de réussite a déjà fait ce que son père n’a pu faire : intégrer la NBA. Si le ciel est sa limite, alors nul doute que ce dernier devrait atteindre les étoiles d’ici peu et pas seulement celles de la NBA.

Après une première saison réussie, l’avenir s’annonce doré pour Zaccharie Risacher.

Crédit photo : Kevin Jairaj-Imagn Images

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Journaliste polyvalent sur le football américain, j’écris aussi des articles sur le basket. Commentateur sur Twitch et sur YouTube. Passé par Eurosport notamment. Un mix d’Eminem et de OBJ, fan inconditionnel de Patrick Mahomes et Lebron James

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