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Après une saison 2022, déjà, peu reluisante en terme de production offensive avec un bilan de 7 victoires pour 10 défaites ; la saison 2023 verra la franchise traverser l’exercice sans se faire remarquer. Dennis Allen confirmera bien sa formation de coordinateur défensif et son manque d’inspiration. A la lutte, malgré tout, pour la qualification avec d’autres franchises de NFC, les Seahawks et les Packers, les Saints ne seront pas maître de leur destin et verront s’éloigner une nouvelle fois la post season.
Evoluant dans la très homogène NFC South, la franchise de Louisiane aura des résultats moyens dans une division moyenne. Division très performante par son niveau défensif ou sa médiocrité offensive, on ne sait pas trop comment la catégoriser. En tout cas, les Saints ont tracé leur chemin en alternant série de 2 défaites par une victoire ou série de 2 victoires mais jamais concrétisé sur le long terme. Beaucoup de matchs accrochés avec peu d’écart au tableau d’affichage dans la victoire, comme dans la défaite.
Sans se faire remarquer en attaque, avec un playbook peu inspiré et, en défense, avec une escouade tenant à bout de bras une potentielle qualification en playoffs, la franchise finira 2ème à égalité avec les Tampa Bay Buccaneers pour le titre de division de la NFC South.


Dec 31, 2023; Tampa, Florida, USA; New Orleans Saints quarterback Taysom Hill (7) celebrates after he scores a touchdown over vTampa Bay Buccaneers safety Antoine Winfield Jr. (31) during the first half at Raymond James Stadium. Mandatory Credit: Kim Klement Neitzel-USA TODAY Sports
En attaque, la franchise noir et or a, surtout, calé tout au long de la saison. Capable de beaux jeux par moment, via Rashid Shaheed ou Chris Olave, elle reste néanmoins très stéréotypé depuis de nombreuses années sur sa manière de jouer. Alvin Kamara est utilisé comme double menace coureur/receveur écarté, Tysom Hill est toujours le couteau suisse mais celui-ci n’étonne plus et les receveurs sont sous utilisés. Dans la 2ème année de l’ère Dennis Allen, le Head Coach n’a pas surpris, il a même déçu l’ensemble des fans du Bayou malgré une belle réputation lors de son intronisation dans la Louisiane.
Avec une moyenne de 23,6 points par match (9ème sur les 32 franchises), le classement est flatteur par rapport à la production proposée. Semblant donné sa pleine mesure, le secteur de la course sera la faiblesse principale. Classé 21ème au nombre de yards totaux avec 1 742 (2ème moitié du classement), c’est surtout la moyenne du nombre de yards à la course avec 3,6 qui fera le plus mal (31ème du classement). Ce qui prouve, si il en est, que la gestion des coureurs entre Kendre Miller, Jamaal Williams et Alvin Kamara a été mal géré et/ou que la ligne offensive ne put créer les espaces nécessaires.
En défense, et dans un effet miroir du même secteur de l’attaque, l’escouade défensive a bien eu du mal à contenir les Running Backs adverses. Avec un total de 2 038 yards autorisés à la course et une moyenne de yards à la course de 4,4, la franchise se classe 22ème sur l’ensemble des franchises, ce qui laisse peu de doute sur l’issue des matchs puisque les attaques adverses ont pu se concentrer à pilonner au sol pour faire avancer les chaines d’arpenteur. Malgré un bon équilibre du niveau des défenseurs et de bonnes prestations tout au long de l’année, le nombre de sacks au total avec 34 sera aussi l’élément clé. Le Pass Rush ne mettant pas assez de pression sur l’attaque adverse, les matchs purent leur échapper trop facilement.
La saison 2023 se terminera par une note positive avec 2 victoires de rang face à 2 rivaux de division augurant peut-être d’un exercice 2024 bien plus transcendant.
Les New Orleans Saints restent dans leur éternel problème, une gestion désastreuse des salaires redistribués aux joueurs. Avec, pendant une période, un déficit de 83 millions de dollars au dessus du salary cap, les marges de manoeuvre furent bien mince pour renforcer un effectif déjà talentueux mais qui avait besoin aussi de profondeur. Ryan Ramczyk, Carl Granderson, Cameron Jordan, Marshon Lattimore, pour ne citer qu’eux, sont performants à leurs postes mais les années passent et les contrats onéreux finissent par peser sur la franchise. La Free Agency ne sera pas leur terrain de jeu privilégié vu l’état des caisses mais le rendez vous de la draft leur permettra de renforcer l’effectif à moindre coût, si d’aventure, les dirigeants ont le nez creux.
L’intersaison servit à se séparer de joueurs que l’on appellera « une page se tourne ». Les cas, Jameis Winston, éternel back up n’ayant jamais confirmé sa position de 1er choix de draft, Michael Thomas, plus blessé et absent que réellement joueur et Jimmy Graham, le vieillissant Tight End iconique d’une période glorieuse des Saints, sont étudiés.
L’activité des Saints sur la Free Agency sera très raisonnable, flairant les bons coups, ils leur faudra miser sur des paris et des joueurs ayant besoin de se relancer. Comme un symbole, Chase Young sera l’un de ses paris, transfuge des 49ers ne souhaitant pas le prolonger, Young devra saisir l’opportunité donné par la franchise noir et or et se prémunir des blessures. Willie Gay apportera son expérience de Linebacker d’une franchise connaissant le succès avec les Chiefs et, Cedrick Wilson sera un ajout pour donner de la profondeur en cas d’absence de Chris Olave ou Rashid Shaheed sur blessure.
La draft des New Orleans Saints fût complète mais prudente. Noté au grade de A- par les spécialistes, l’attention s’est concentrée sur de nouveaux renforts sur la ligne principalement. Avec un Trevor Penning, choix numéro 19 du 1er tour de la draft 2022, la franchise de la Nouvelle Orléans avait déjà fait le pari de rajeunir son avant garde en attaque. Penning ne répondra pas aux attentes, malgré sa côte. Ryan Ramczyk est toujours un excellent bloqueur mais les blessures auront raison de sa participation aux matchs en 2024.
Dans cet état de fait, avec le 14ème choix, du 1er tour de la draft 2024, les Saints iront chercher de nouveau un homme de ligne pouvant jouer guard ou tackle droit, Taliese Fuaga. Entre un rookie tout frais et un 3ème année en difficulté, Derek Carr devra encore composer avec une ligne assez poreuse, surtout, et malheureusement, avec un César Ruiz,, un des pires guard de la ligue en terme de statistiques.


Apr 25, 2024; Detroit, MI, USA; Oregon State Beavers tackle Taliese Fuaga is selected as the No. 14 pick of the first round by the New Orleans Saints during the 2024 NFL Draft at Campus Martius Park and Hart Plaza. Mandatory Credit: Kirby Lee-USA TODAY Sports
Le reste de la draft sera orientée sur le choix d’un corner back, Kool-Aid McKinstry, qui a glissé en 41ème position au 2ème tour, et qui servira à palier les éventuelles absences de Marshon Lattimore et/ou à renforcer ce secteur qui en a bien besoin.
Le choix d’un Quarter Back en 150ème position, Spencer Rattler, ne sera pas dépourvu de sens également. Le joueur, du fait de son arrogance, a dégringolé dans les tours mais sa côte est belle et les insiders américains considèrent que sa sélection est un bon coup réaliser par les Saints. Si celui-ci confirme le talent entrevu, il pourrait être une bonne solution en cas de défaillance du Quarter Back titulaire, Derek Carr.
Sans réel éclat durant cette intersaison, l’intersaison fût sage et équilibré. Beaucoup de resignatures et de joueurs prolongés sur des contrats courts. La franchise de Louisiane est sur un mode assainissement des finances, ou, tout du moins, essaye. Il n’en reste pas moins que les choix encore effectués cette saison devront être exploités de manière beaucoup plus efficace pour donner leur pleine mesure. Dennis Allen doit se réinventer, une action forte sera l’arrivée d’un nouveau coordinateur offensif, après le départ de Pete Carmichael, fusible de sécurité, ayant été sacrifié au profit de Allen.
Fer de lance d’une attaque diversifiée, Alvin Kamara a toujours été l’élément clé de cette escouade et, malgré les différents coordinateurs passant dans la franchise, le joueur a toujours été utilisé pour sa polyvalence avec succès. Après 7 années dans le Bayou, Kamara a toujours participé entre 13 et 16 matchs, sa production n’a cessé de croître tout au long de ses années.


Dec 31, 2023; Tampa, Florida, USA;New Orleans Saints running back Alvin Kamara (41) stiff arms Tampa Bay Buccaneers safety Antoine Winfield Jr. (31) during the first quarter at Raymond James Stadium. Mandatory Credit: Kim Klement Neitzel-USA TODAY Sports
Sans jamais dépassé les 1000 yards à la course, le joueur est sur un partage de sa production avec en moyenne entre 500 et 600 yards en réception de passe. L’attente de sa franchise a toujours été son explosivité, la moyenne des yards obtenus sur chaque jeu (entre 4 et 5 yards) et le nombre de touchdowns. Et c’est là que le bas commence à blesser, sur les 3 dernières années, la tête d’affiche de Louisiane a vu ses moyennes baissées invariablement, 3,9 yards en moyenne par course l’année dernière et 5 touchdowns, ainsi qu’une faible moyenne par rapport à ses standards à la réception de passe avec 6,2 yards pour 1 malheureux touchdown.
Tout cela peut s’expliquer sur la volonté des Saints de ne pas tout miser sur lui. L’arrivée de Kendre Miller et Jamaal Williams vont dans ce sens et/ou la frilosité d’un playbook peu inspiré depuis quelques années mais le joueur ne serait il pas au crépuscule des ses plus belles performances ? Un nouveau coordinateur offensif, Klint Kubiak, arrive pour enfin diversifier et rebooster cette attaque. Par son intermédiaire, Alvin Kamara, va t’il retrouver ses jambes qui faisaient trembler le Caesars Superdome.
Sortir de l’héritage Drew Brees n’est jamais chose aisée. Il y eut la période Jameis Winston/Andy Dalton durant 2 saisons. Cet intérim passé, les Saints devaient se tourner vers un projet d’avenir au poste le plus important. Toujours mal placé dans l’ordre de la draft pour aller chercher les tops prospects des drafts de ces dernières années, la franchise s’orientera sur le choix d’un Quarter Back expérimenté et régulier qui pourrait en cas de changement d’horizon exceller dans sa nouvelle franchise.
Pari tenté par les dirigeants. Après un passage chez les Raiders de 9 saisons, Derek Carr, la figure, qui devenait emblématique, a troqué le noir et argent du Nevada pour le noir et or de la Louisiane. La régularité et l’abnégation sont les maîtres mots définissant le joueur. Toujours motivé et motivant pour ses coéquipiers, on ne peut pas retirer le fait que Carr ne soit pas déterminé à faire gagner son équipe.


Dec 21, 2023; Inglewood, California, USA; New Orleans Saints quarterback Derek Carr (4) moves out to pass against the Los Angeles Rams during the first half at SoFi Stadium. Mandatory Credit: Gary A. Vasquez-USA TODAY Sports
Avec en moyenne entre 15 et 17 matchs, entre 3400 et 4800 yards à la passe et entre 19 et 28 touchdowns tout au long de sa carrière, le bonhomme est classé dans la catégorie des bons Quarter Backs. Malgré la production, c’est surtout l’entente avec ses coordinateurs et ses coéquipiers qui est mis en avant. Ses 8 interceptions, l’année dernière, n’aident pas non plus à trouver des certitudes durant les matchs. En proie au pire difficulté en red zone et dans les lancées déterminants et faisant basculer un match, c’est sur ce point que l’arrivée du nouveau coordinateur offensif devrait permettre à Carr d’enfin donner sa pleine mesure dans les moments qui comptent.
Le nouveau coordinateur offensif, Klint Kubiak, transfuge des 49ers, espère emmener ce souffle de réussite venant de Californie pour insuffler du renouveau dans le playbook des Saints. Se voulant beaucoup plus aérien dans le jeu, Kubiak a surtout permis aux 49ers d’être classés 4ème au niveau des yards à la passe. Il n’en reste pas moins que la faiblesse sur la ligne offensive n’aide pas le meneur de jeu et il ne peut pas tout faire sans avoir de temps pour lancer.
Après une 1ère année d’adaptation à son nouvel environnement, l’an 2 et son nouveau coordinateur offensif doivent permettre à Carr de passer un cap supplémentaire dans la production. Avec un problème de qualité aux postes de receveurs (Cedrick Wilson, AT Perry drafté et Equanimous St Brown), c’est la quantité sur laquelle a misé la franchise pour permettre à Carr de performer. Essayant de palier au manque de l’effectif, Derek Carr se doit d’imposer son style, surtout dans une NFC South réputé plus accessible et abordable au risque de voir le drafté tardif, Spencer Rattler, Quarter Back, lui prendre précocement du temps de jeu.
Les motifs d’espoir ne résideront pas dans un apport drastique d’un joueur faisant la différence directement dès les premiers matchs. Les Saints, comme cité précédemment, ont peu de marge de manoeuvre. Tout se jouera donc dans les coulisses et le bord du terrain, le nouveau coordinateur offensif, Klint Kubiak, doit être l’élément clé de la franchise cette année.


May 11, 2024; New Orleans, LA, USA; New Orleans Saints offensive coordinator Klint Kubiak looks on during the rookie minicamp at the Ochsner Sports Performance Center. Mandatory Credit: Stephen Lew-USA TODAY Sports
Ayant amené l’attaque des 49ers dans les hauteurs des classements, la qualité de la ligne offensive démontrera tout son talent ou, justement, les limites de son système. Le nouveau coordinateur pourra compter sur un groupe délesté des joueurs parasites en terme de blessures et/ou niveau et avec une base de jeunes talents (Olave, Miller, Johnson), les moyens nécessaires pour développer tout son playbook. La Défense, toujours solide, devrait, par ailleurs, lui permettre de retrouver l’escouade offensive plus souvent sur le terrain que sur le banc.
La tâche s’annonce tout de même difficile le temps que sa méthode prenne forme auprès de son effectif et son adaptation aux joutes des piégeux matchs de la NFC South, Buccaneers et Falcons principalement, sera scruté.
Fort de leurs acquisitions durant leur intersaison et de leurs objectifs pour 2024, les Saints ont, depuis une bonne dizaine d’année, sur une centaine de matchs à domicile, un pourcentage de 70% de victoires. Ce qui laisse dire que le Caesars Superdome reste l’une des places les plus imprenables de la ligue et à cela, rien de bien étonnant, tant on connaît la propension des fans à déstabiliser les adversaires et être un vrai 12ème homme.
La franchise se testera face à quelques belles écuries de la ligue en pré-saison (Titans et 49ers) et pourra déjà se jauger en terme de niveau. En saison régulière, il faudra, déjà, composer avec les rivaux de division classiques, Buccaneers, éternels rivaux aux matchs incertains, les Falcons qui se reboostent avec des changements radicaux, mais des Panthers toujours bien faible. Le croisement avec la NFC East sera intéressant du fait des confrontations qui seront très acharnés de part et d’autre pour ne pas décrocher au classement ; le croisement avec l’AFC West sera des plus compliqué avec soit une franchise tenante du titre ou des franchises ayant fait des choix forts pour changer le cours de leur spirale négative (Chargers). Enfin, les derniers matchs établis, suite au classement de l’année dernière, seront loin d’être des plus aisés ; avec des Rams n’ayant rien à perdre, des Browns dans une confrontation défensive à venir très intéressante et de jeunes Packers affamés difficilement maîtrisable.
A partir de ce constat, 8 ou 9 victoires sont plausibles et envisageables. Si le Caesars Superdome joue son rôle comme prévu et que Klint Kubiak impose sa patte sur le vestiaire, la franchise noir et or peut potentiellement viser les 11 victoires. C’est parfois de l’incertitude que naisse les grandes saisons à venir. A un Tie Breaker près des playoffs l’année dernière, les Saints doivent asseoir leur qualification cette fois-ci.