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Qui a dit que trop de talent pouvait tuer le talent ? Au vu des deux premières rencontres des États-Unis dans ces Jeux Olympiques 2024, l’afflux de talent concentré au sein de cet effectif ne semble non seulement pas être un frein mais bien être une force apparaissant indestructible. Ce deuxième match de suite remporté par plus de 20 points d’écart atteste de cela.
C’était le gros point de tension côté Team USA après le premier match face à la Serbie, et Steve Kerr a immédiatement éteint l’incendie.
En effet, après l’imbroglio autour de Jayson Tatum dimanche (0 minutes disputées), la première information de ce deuxième match est tombée avant même le coup d’envoi puisque l’ailier des Celtics a directement été injecté au cinq de départ des États-Unis.
Cela ne semble d’ailleurs pas avoir du tout impacté le mental américain puisque ces derniers démarraient la rencontre par un 6-0 en 1 minute 30.
Après une nouvelle période de flottement en début de rencontre (le Soudan du Sud est repassé devant 10-8), LeBron James et ses lieutenants ont passé la première, et, spoiler : les sud-soudanais ne les ont jamais revus ensuite. Effectivement, après ce léger retard au démarrage (comme dimanche) Team USA finissait le quart-temps par un salvateur 18-4, leur permettant de prendre le large et de se mettre à l’abri d’un temps-fort sud-soudanais.


LeBron James lors du premier quart-temps dans le match face au Soudan du Sud le 31 Juillet 2024. Mandatory Credit: John David Mercer-USA TODAY Sports
Temps-fort qui arrivera par ailleurs dès le quart-temps suivant lorsque les coéquipiers de Wenyan Gabriel parvenaient à marquer lors de 6 possessions consécutives, obligeant Kerr et son staff à prendre un temps-mort alors que l’écart revenait à 15 points.
Pourtant, s’il y a bien un point à retenir de ce premier acte, c’est la bien la défense américaine. Comme lors du premier match il y a deux jours, certaines rotations des États-Unis étaient dévastatrices en défense. Celles-ci se composaient surtout autour de Derrick White (encore génial ce soir), Jrue Holiday, Anthony Davis mais surtout Bam Adebayo, probable meilleur joueur de cette rencontre.
Les 36 points affichés au compteur du Soudan du Sud plaidaient notamment pour la cause alors que les États-Unis menaient de 19 points à la pause grâce à deux bonnes fin de quart-temps (10-2 et 9-5 respectivement).
Tout semblait donc aller pour le mieux côté États-Unis après cette première moitié de match, et puis bis repetita, une nouvelle panne en entame de mi-temps, cette fois bien plus conséquente.
En effet, les américains ont donné le sentiment d’être restés au vestiaire pendant de longues minutes dans le troisième quart-temps.
Pour vous donner quelques chiffres de cette panne générale ; il a fallu attendre 1 minute et 51 secondes pour voir les premiers points des États-Unis, un trou d’air de presque trois minutes sans le moindre point et un écart diminuant de 9 points à la suite d’un 16-7 sud-soudanais.
Et puis, à 3 minutes et 56 secondes du terme du troisième quart-temps, Team USA se décidait à ne plus avoir la tête dans les étoiles sous le sillage d’un trois points de son monsieur « perfect », Derrick White, qui inscrivait un trois points pour mettre fin à la mauvaise passe.
Kevin Durant is so detailed with the little things in his movement patterns
I love the way he times up his catches to flow into sweep throughs like this, with a suddenness to match
No wasted movements with him pic.twitter.com/qQxRNkoSKH
— Stephen 🏁 | bsky: StephenPG3 (@StephenPG3) July 31, 2024
Derrière, le pays des Droits de l’Homme parvenait à reprendre 17 points d’avance à la fin du quart-temps grâce, notamment, à un bon passage d’Anthony Edwards auteur de 6 points en moins de 90 secondes. Dans la dernière période, placée sous le signe de l’attaque (30-29 pour les États-Unis), les américains décidaient de se faire une dernière frayeur en laissant les africains recoller à -11 (8 minutes et 14 secondes restantes).
Après cela, Team USA déroulait son basket pour enfin prendre le large et ne pas se poser de questions sur la fin de match. Résultat des courses, les États-Unis l’emportent 103-86 à la faveur d’un 26-20 en conclusion. Un résultat qui leur assure quasiment la tête du groupe et un adversaire, théoriquement, plus abordable en quarts qui laissera le temps à Steve Kerr de gérer son groupe sur le dernier match face à Porto Rico.
Car en la matière, l’ancien Bull aura encore du boulot. Après s’être passé intégralement de Tatum et de Haliburton sur la première rencontre, c’est cette fois (plus étonnamment) Joel Embiid, MVP de NBA en 2023, qui a passé tout son match à reproduire Le Penseur d’Auguste Rodin, (les Jeux sont à Paris, ça tombe bien) sur le banc des États-Unis.
De ce match, on retiendra surtout la superbe performance de Bam Adebayo, probable homme du match, tant en défense grâce à une mobilité folle pour un tel gabarit (2m06), qu’en attaque où l’intérieur du Heat s’est révélé à l’aise même à longue distance (18 points, 7 rebonds, 2 contres, 1 interception à 2/3 à longue distance et à 80% au tir).
We’re really watching Steph Curry drive and kicks for Bam Adebayo threes right now
The three point jumper is really here
— Brady Hawk (@BradyHawk305) July 31, 2024
On retiendra aussi la performance surprenante d’un double MVP et MVP des Finales NBA (Stephen Curry pour ne pas le nommer), à 3 points inscrits et 11% de réussite au tir (0/6 à trois points).
Mention spéciale enfin côté Sud-soudanais à Nuni Omot, auteur de 24 points à 66% au tir qui n’a pas eu peur de tenir la dragée haute à son altesse LeBron James. Plus globalement, ce collectif du Soudan du Sud est épatant d’envie, de confiance et de solidité et le dernier match en guise de huitième de finale anticipé face aux Serbes vaudra son pesant de cacahuètes.
Pour les États-Unis, le prochain rendez-vous aura lieu face à Porto Rico ce samedi à 17h15 (heure française), dans une opposition en forme de match-test (les victoires face aux concurrents directs en plus des grands écarts leur assure la première place quasi certaine de ce groupe C).
© John David Mercer-USA TODAY Sports