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La NFL n’a jamais été aussi puissante sur le plan économique. Mais avec le succès vient une exposition accrue… et des ennuis juridiques potentiels.
C’est dans ce contexte que la ligue vient de nommer Ted Ullyot comme nouveau conseiller juridique principal, en remplacement de Jeff Pash.
Ce changement intervient à un moment stratégique. Lors des récentes réunions de la ligue, les propriétaires ont été prévenus : les défis juridiques ne sont pas derrière eux. Au contraire, ils pourraient bien se multiplier.
« Nous sommes au sommet de la pyramide, donc nous allons devenir une cible en matière d’antitrust », a déclaré Robert Kraft, propriétaire des Patriots, cité par Sports Business Journal. « Nous aurons besoin d’un avocat capable d’attaquer, mais aussi de défendre, pour protéger nos intérêts. »
Ted Ullyot n’est pas un inconnu dans les hautes sphères du pouvoir. Ancien avocat général de Facebook et proche des milieux républicains, il a travaillé dans l’administration Bush et a même reçu une lettre de recommandation du juge de la Cour suprême Brett Kavanaugh.
Autant dire que la NFL mise sur un profil très politique, capable non seulement de plaider, mais aussi de peser à Washington si besoin.
L’un des dossiers les plus brûlants reste celui du « Sunday Ticket », ce service premium qui permettait aux fans de regarder des matchs hors de leur marché local. En juin dernier, un jury a estimé que la NFL avait violé les lois antitrust en limitant volontairement l’accès à ces matchs, ce qui avait abouti à une amende colossale de 4,7 milliards de dollars.
Coup de théâtre : en août, le juge a finalement annulé le verdict, pointant du doigt des erreurs dans le calcul des pertes financières. Mais le mal est fait. Ce procès a mis en lumière les zones grises dans lesquelles opère la ligue – et la fragilité de certaines de ses pratiques commerciales.
Autre sujet chaud : la montée en puissance du streaming. Aujourd’hui, de plus en plus de matchs sont diffusés sur des plateformes numériques – un terrain sur lequel la loi de 1961 sur la diffusion sportive ne s’applique pas. Cette loi protège la NFL dans certains cas de figure, notamment pour la télévision, mais elle ne dit rien sur les services comme Amazon Prime Video ou YouTube.
Résultat : la ligue pourrait chercher à faire évoluer le cadre législatif, voire à remettre en cause certaines restrictions vieillissantes, comme l’interdiction de diffuser des matchs le vendredi soir et le samedi, entre septembre et décembre, pour ne pas concurrencer les matchs NCAA.
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la NFL n’est pas une entreprise unique. Ce sont 32 franchises indépendantes qui agissent souvent de manière concertée. C’est justement cette coordination qui peut poser problème au regard du droit de la concurrence.
Credit Photo: Kirby Lee-Imagn Images