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La belle histoire de Patrick McSweeney

Romain Balle

NFL – L’intersaison bat son plein en NFL en ce début du mois de mai. Aujourd’hui, focus sur une belle histoire entre les New York Jets et Patrick McSweeney, qui espère intégrer le groupe final pour la saison 2024.

 

Patrick McSweeney. Ce nom ne vous dit probablement rien, et, pas de panique, vous n’êtes pas un inculte de la NFL. À vrai dire, pas grand monde ne connaît ce nom. Joueur de 23 ans évoluant au poste de tight end, McSweeney n’a pas été drafté par les Jets il y a une dizaine de jours.

En revanche il a été appelé à participer à leur mini-camp pour rookie afin d’intégrer l’effectif. Un clin d’œil fort à l’évènement le plus tragique de l’histoire des États-Unis, le 11 Septembre 2001.

Son père, pompier, décédé lors du drame du 11 Septembre 2001, était un grand supporter des Jets

 

En effet, le père de Patrick McSweeney se nommait Timothy McSweeney. Cet habitant de Staten Island a rejoint le « Fire Department of the city of New York » (les pompiers de New York) en 1987.

Au cours de sa carrière de soldat du feu, Timothy McSweeney a reçu six distinctions pour héroïsme. Un sinistre jour de Septembre 2001, il fut appelé à la tour nord du World Trade Center. Il y trouvera malheureusement la mort tout comme de nombreux autres collègues de la « Ladder 3 », qui a subi ce jour-là des pertes les plus lourdes de toute l’histoire de toutes les compagnies de pompiers du FDNY.

Timothy McSweeney était en outre détenteur d’un abonnement à l’année aux matchs des New York Jets dont il était un fervent supporter.

« Malheureusement, je n’ai pas vraiment de souvenirs avec lui physiquement, mais j’ai l’impression de le connaître à travers les histoires qu’on m’a racontées » commente Patrick McSweeney, âgé de 9 mois le 11 Septembre 2001.

À son tour fan des Jets en grandissant, Patrick s’est toujours inspiré de son père pour se construire, « Il mettait toujours les autres en premier, il était très altruiste. Il y a une chose que j’essaie d’incarner en m’inspirant de lui, et cela va peut-être paraître cliché, mais quand il rentrait dans un immeuble, il essayait de sauver des gens innocents.

Il ne prêtait pas attention à l’apparence des gens, à leur couleur de peau ou à leur religion. Il essayait juste de les sauver. C’est ce dont j’essaie de toujours me souvenir. C’est important de traiter tout le monde avec équité et respect et c’est comme ça que j’ai toujours essayé d’être. » livre celui qui a grandi à Staten Island et qui avait pour modèle Leon Washington ou Santonio Holmes.

 

Il va retrouver Robert Saleh, aussi affecté par les évènements du 11 Septembre

 

Lors du mini-camp cette semaine, Patrick McSweeney sera sous la houlette de Robert Saleh, entraîneur en chef des Jets, qui a aussi été touché par le 11 Septembre 2001.

Effectivement, le frère de Robert Saleh, David, était lui au 64e étage de la tour sud du World Trade Center au moment des attaques ayant couté la vie de presque 3 000 personnes. Il s’en est sorti sain et sauf, mais Robert Saleh a mis quelques mois à se remettre de ces tragiques évènements à l’époque.

 

Robert Saleh a aussi souffert personellement du 11 Septembre 2001. Mandatory Credit: Scott Galvin-USA TODAY Sports

McSweeney, un joueur à qui rien n’a été donné dans sa carrière

 

Patrick McSweeney tentera donc d’intégrer l’effectif élargi des Jets à l’issue de ce mini-camp. Tight end depuis ses années lycées, le new-yorkais a dû se frayer un chemin pour en arriver là. Lors de sa dernière saison lycéenne, il n’a aucune offre d’une quelconque université.

Aidé par son oncle, Eddie O’Connor, ancien joueur de l’université de Fordham, il va lui-même se créer son opportunité universitaire, « je n’étais pas très côté à l’époque, eux [Coastal Carolina] n’ont pas réussi à me trouver mais nous, nous avons réussi à les trouver, à l’aide de mon beau-père également, qui m’a amené à une séance de repérage de l’université de Coastal. […]

À la fin de ma dernière année au lycée, je suis rentré en contact avec eux, avec des e-mails, et ils m’ont finalement offert une visite là-bas. J’ai donc accepté et j’étais le gars un peu en sursis. J’ai en quelque sorte progressé dans la hiérarchie. » se remémore McSweeney, qui ne sera pas drafté et devra une nouvelle fois faire ses preuves par la voie du repérage.

 

Mandatory Credit: Vincent Carchietta-USA TODAY Sports

La détermination de McSweeney à franchir les étapes en NFL, un peu à la façon dont son père a pu le faire il y a une quarantaine d’année au FDNY, est une flamme éternelle entretenue par le principal concerné, « [Ma mère] nous dit qu’il serait fier de nous [il a un frère et une sœur]. Il nous regarde de là-haut. Le fait que je sois ici maintenant, cela le fait probablement sauter de joie. Il est heureux mais j’encore du travail à faire. Et il faut que je continue. » conclut Patrick McSweeney, dont l’histoire nous rappelle qu’en plus qu’une ligue sportive, la NFL est aussi un formidable berceau d’histoires personnelles, sociales, politiques ou culturelles.

 

© Winslow Townson-USA TODAY Sports