



Note: Cet article sur les Indianapolis Colts fut entièrement rédigé par un fan de la franchise de l’Indiana présent sur le Discord de ThePlayoffsFR. Nous publions aujourd’hui son texte sans modification. Le texte ci-dessous est donc écrit du point de vue d’un fan et ne reflète pas nécessairement le point de vue de la rédaction de ThePlayoffsFR.
La saison 2025 des Colts d’Indianapolis restera gravée dans mon esprit, et surtout dans les annales de la NFL comme l’une des plus improbables chutes jamais enregistrées. Après avoir dominé l’AFC lors des dix premières semaines, l’équipe a subi un effondrement si spectaculaire qu’elle devient la première franchise depuis un sacré bout de temps (j’ai trouvé une stat similaire pour les Raiders de 1995) à commencer une saison avec un bilan de 8-2 tout en manquant les playoffs, et la première de l’histoire de la NFL à terminer avec un bilan négatif après un tel départ.
En septembre et octobre, les Indianapolis Colts n’avaient simplement pas d’équivalent dans la ligue. Après une victoire 33-8 contre Miami dans un match d’ouverture impressionnant, durant lequel l’équipe a marqué sur ses sept premières possessions sans effectuer un seul punt lors de ses 43 premières actions offensives, la saison débutait sur les tambours battants.
Daniel Jones, après des années de déboires avec les Giants, connaissait une résurrection spectaculaire. Le QB a complété 68 % de ses passes pour 3 041 yards et 19 TD lors de ses 13 premiers matchs. Son rating de 100,2 le positionnait parmi les meilleurs QB de la ligue sur la période. Plus impressionnant encore, Jones affichait une performance historiquement dominante : 233,9 yards par match, avec une moyenne d’environ 8 yards par tentative.


Et si Jones était le visage du succès offensif des Colts, Jonathan Taylor en était le cœur. Le RB a déroulé une saison impressionnante, cumulant en tout 1 585 yards à la course sur 323 runs pour une moyenne de 4,9 yards par course. Plus significatif encore, Taylor a marqué 18 TD au sol durant la saison régulière, devenant le meilleur rusher des Colts avec 69 TD en carrière, dépassant la légende Edgerrin James (64 TD). Cette prouesse a été illustrée de façon spectaculaire lors du match de Week 10 à Berlin contre les Falcons, où Taylor a accumulé un excellent 244 yards et 3 TD, incluant une course de 83 yards pour son nouveau record personnel.
L’attaque des Colts a été impressionnante sur la première partie de saison. Sur ses huit premiers matchs, l’équipe affichait 33,8 points par match, 6,5 yards par action de jeu. La statistique la plus ahurissante : les Colts établissaient un record NFL avec 1,09 points par minute de possession (pas sûr de celle-là car difficilement vérifiable), signifiant qu’ils marquaient littéralement plus d’un point par minute quand ils avaient le ballon. Avec 3,46 points par possession, ils surpassaient tous les autres adversaires de la ligue. Ces chiffres les plaçaient sur une trajectoire pour figurer parmi les meilleures attaques de ces dernières années.
Alec Pierce (WR) impressionnait également, engrangeant les yards à la réception (finalement 1 003 yards sur la saison), tandis que Tyler Warren, le TE rookie, apportait une dimension nouvelle à l’attaque. Josh Downs (WR) et Michael Pittman Jr. (WR) rendaient également de belles feuilles de match.
Parallèlement, la défense n’était pas en reste. Après dix semaines, elle se classait 9ème pour les points encaissés (20,6 par match) et septième pour les interceptions (7). Le staff établissait un schéma cohérent avec des défenseurs comme Zaire Franklin et Nick Cross, (enregistrant respectivement 125 et 120 plaquages sur la saison). Laiatu Latu apparaissait comme un leader au pass-rush (8,5 sacks sur la saison), tandis que DeForest Buckner offrait une présence rassurante au QB.
Le schéma de l’effondrement des Colts s’est construit progressivement, avec des blessures s’accumulant de manière dramatique. Chaque week-end semblait apporter son lot de mauvaises nouvelles.
Le premier signal d’alarme majeur arriva en Week 6 avec deux blessures lors des échauffements d’avant-match. D’abord, le QB recrue Anthony Richardson se fait une fracture de l’os orbital avec un élastique de résistance. Un accident véritablement « bizarre », pour ne pas dire plus, qui l’élimina de l’effectif pour la saison. Pire encore, ce même jour, le CB vedette Charvarius Ward subit sa deuxième commotion cérébrale de la saison après une collision avec Drew Ogletree (TE) durant les échauffements. Cette deuxième commotion fut particulièrement sévère : Ward souffrait de vertiges, de vomissements et était incapable d’accomplir des tâches quotidiennes. Il passa les quatre matchs suivants dans la réserve des blessés.


Mais l’équipe dirigeante des Colts, considérant ses chances de playoffs avec un tableau à 7-2, fit un pari audacieux au seuil de la deadline commerciale du 4 novembre. Ils échangèrent deux choix de premier tour de draft (2026 et 2027), plus le WR Adonai Mitchell, pour acquérir le CB double All-Pro Sauce Gardner, espérant former l’un des duos défensifs les plus redoutables de la ligue. À ce moment, l’ESPN Football Power Index accordait aux Colts 93,9 % de chances de faire les playoffs et 79,4% de chances de remporter l’AFC South. Cet échange semblait être la pièce manquante d’un puzzle qui assurerait une place parmi les équipes contenders. Comme le dirait Yaya dans le podcast Tailgate “c’était obligé s’ils voulaient aller loin !”
Malheureusement, Gardner et Ward ne joueront pas bien longtemps ensemble… Gardner subit une déchirure musculaire au mollet dès la Week 13, limitant sa présence avec les Colts à seulement quatre matchs. Durant toute la saison, Gardner et Ward ne jouèrent ensemble que pour deux rencontres. Le pari financièrement audacieux devenait rapidement un désastre.
En Week 9, le DT DeForest Buckner, qui était devenu essentiel dans la défense des Colts, subit une blessure au cou qui le remisa sur le banc pour un long moment. Son absence aurait des répercussions défensives durables, particulièrement visibles lors du match crucial de la Week 12 contre les Chiefs.
Mais la vraie catastrophe arriva lors de la Week 14 contre Jacksonville. Daniel Jones, jouant déjà avec une fracture depuis la Week 10, subit une des pires blessures pour un sportif de ce niveau : une déchirure complète du tendon d’Achille droit. Cette blessure termina effectivement sa saison et souleva des questions sérieuses quant à sa capacité à revenir durablement à un niveau élite. Simultanément, Riley Leonard, le QB recrue de sixième tour qui avait été appelé en renfort, subit lui-même une blessure au genou lors de ce même match. Et comme si le football américain abondait les mauvaises nouvelles, Ward subit sa troisième commotion cérébrale de la saison cette même semaine, ce qui l’amena à envisager sa retraite définitive.
Les chiffres racontent l’histoire d’un effondrement sans équivalent. Après leur bye week à 8-2, les Colts perdirent sept matchs d’affilée, devenant la première équipe de l’histoire de la NFL à finir une saison avec un bilan négatif après un tel départ.
L’attaque, qui avait été la meilleure de la ligue, s’effondra littéralement en deuxième partie de saison. Tandis qu’avant la bye week, les Colts affichaient 32,1 points par match, la deuxième partie les voyait chuter à 20,7 points par match. Le rookie Riley Leonard, puis l’improbable Philip Rivers, faisaient de leur mieux… mais sans une attaque au complet, et avec une défense à bout de souffle, il ne pouvait y avoir de miracle.
Jonathan Taylor, bien que terminant avec des statistiques solides, vit son efficacité plonger. Lors des six derniers matchs, l’attention défensive des adversaires pouvait se concentrer entièrement sur lui, faute de cibles multiples. Il ne put maintenir le rythme.


La défense, parallèlement, ne pouvait pas compenser une attaque en berne. Avec la perte de Buckner, Ward et Gardner, les Colts concédèrent 29,4 points par match en deuxième partie de saison (pour 20,6 avant la bye week). Particulièrement révélateur, le match de Week 12 contre Kansas City : les Colts menaient 20-9 au quatrième quart-temps, mais les Chiefs marquèrent 11 points pour forcer la prolongation, puis un FG gagnant scella le match. Durant cette confrontation, Jones ne compléta que 3 passes sur 9, pour 17 yards dans le quatrième quart et la prolongation, tandis que Taylor eut seulement trois courses pour un seul yard. Des chiffres surréalistes pour une équipe qui avait tellement dominé offensivement…
Pourtant, au milieu de tout ça, l’équipe n’a jamais abandonné. Malgré les blessures, les défaites étriquées, et une saison qui s’effondrait semaine après semaine, les Colts ont continué à produire du jeu, à combattre, et à tenter d’exister. Ils ont eu du cœur (on se l’était dit sur Discord). Ils ne sont jamais sortis minables d’une rencontre. Philip Rivers, improbable pompier de service de 44 ans (plus vieux que papy Flacco !), n’a pas à rougir de ses prestations. Avec plus de 80 de rating en trois matchs, bon nombre de joueurs encore actifs peuvent envier ses performances. Et même en Week 18 face à Houston, Riley Leonard affichait encore 270 yards à la passe et 2 TD.
La saison 2025 des Colts restera comme l’une des plus déroutantes jamais jouées dans la NFL. Le bateau a coulé lentement… Mais même dans ce désastre, il y a matière à construction pour l’avenir. Daniel Jones, avant sa blessure, avait prouvé qu’il pouvait être une réponse aux problèmes de QB des Colts depuis le départ d’Andrew Luck. Jonathan Taylor a prouvé qu’il est l’un des grands RB de la ligue. L’équipe a progressé depuis l’année dernière, même si le bilan comptable est le même.
Les Colts doivent maintenant décider comment reconstruire. Feront-ils confiance à Jones pour revenir en forme après une déchirure du talon Achille ? Quels mouvements effectueront-ils pour redynamiser une défense décimée ? Sauront-ils conserver des joueurs comme Taylor qui pourraient vouloir progresser ailleurs ? Ces réponses n’arriveront qu’au compte-goutte durant les prochains mois. La saison 2025 des Colts restera à jamais un avertissement sur la précarité du succès dans la NFL. Pour ma part, je reste confiant et à jamais un fan de cette franchise!
Crédit photo: © Thomas Shea-Imagn Images