Pronostics
Paris Sportifs
NBA
Pronostics Paris Sportifs

Retrouvez nos conseils sur (09-74-75-13-13, appel non surtaxé).

https://www.joueurs-info-service.fr/
Restricted 18+
+18 | Jouer de manière responsable | Contenu commercial

Victor Wembanyama, un pivot pas comme les autres

benjamin Moubèche

NBA -Il n’y a rien de surprenant à voir un joueur de 2,24 m positionné au poste 5. Mais la NBA n’avait jamais vu un pivot comme Victor Wembanyama.

Le poste de Victor Wembanyama en NBA a suscité un torrent d’interrogations avant le début de la saison. Gregg Popovich et les Spurs n’en ont pas été épargnés. Il y a un mois, ils se sont résolus à changer de stratégie en faisant du Français le pivot titulaire de San Antonio. Qu’implique réellement cette transition ?

Une adaptation nécessaire pour les Spurs

« Souvent, lorsque je joue au poste 4 aux côtés d’un pivot physique dans la raquette, cela fonctionne bien », soulignait Wembanyama au media day des Spurs, le 2 octobre. Cette formule, qui s’imposait comme une évidence, a d’abord été privilégiée par les Spurs.

Puis, en décembre, Popovich a fait volte-face. Pour dégager plus d’espace à sa nouvelle star et renforcer sa second unit, privée d’un véritable remplaçant au poste de pivot depuis la blessure de Charles Bassey, l’entraîneur a réorganisé l’échiquier. Zach Collins, relégué sur le banc, a cédé sa place au premier choix de la draft. Et c’est parti pour durer.

« Je pense que nous allons nous en tenir à ce lineup, parce que Charles Bassey n’est plus là. Alors, nous devons nous adapter. La bonne chose, c’est que tout le monde dans notre équipe est prêt à jouer n’importe quel rôle et à faire n’importe quel sacrifice », a indiqué le natif du Chesnay.

Victor Wembanyama, fidèle à lui-même

L’idée qu’un joueur de 2,24 m avec une envergure de 2,43 m évolue au poste de pivot n’a rien d’absurde. Toutefois, Victor Wembanyama ne s’est pas rangé dans un rôle traditionnel. Son jeu n’a finalement pas été trop altéré par cette mutation.

« Bien sûr, c’est nouveau et c’est différent. Mais je suis prêt à jouer n’importe quel rôle et à n’importe quel poste. D’autant plus que, dans notre attaque, j’ai beau être le poste cinq sur le papier, je suis le meneur 30 % du temps […] Le poste n’a pas vraiment d’importance », a expliqué l’intérieur.

Victor Wembanyama a toujours rejeté l’étiquette de « grand », dès ses jeunes années Nanterre. Grand, il l’est évidemment. Mais il refuse d’être défini par cet attribut. Alors, s’il exploite de plus en plus sa taille en tant que finisseur et qu’il joue de plus en plus en pick and roll, il reste loin de l’image conventionnelle du pivot.

Comme il le souligne lui-même, le poste affiché sur la feuille de match n’a pas grande importance. Wembanyama prend plus de tirs à trois points en tant que pivot qu’en tant qu’ailier fort, proportionnellement à son volume. Il joue toujours autant balle en main et continue de s’essayer à des moves audacieux, dignes d’un extérieur.

«Je ne le considère pas comme un poste 5. Il prend beaucoup de tirs à trois points, il est partout offensivement», a en effet expliqué son coach Gregg Popovich.

Ailier fort ou pivot, quelle différence ?

Si ce passage vers un nouveau poste n’a pas affecté son jeu, alors qu’a-t-il changé ?

En premier lieu, Julian Champagnie a hérité de la place de Zach Collins dans le cinq majeur. Avec 39,8 % de réussite à trois points sur ses 12 matches en tant que titulaire, sa présence apporte plus de spacing à l’équipe. Victor Wembanyama en est le principal bénéficiaire et dispose désormais de plus d’espace pour ses coupes, pour ses drives et pour attaquer la raquette de manière générale.

Aussi, son rôle offensif a légèrement évolué. Sans Collins, il a endossé la fonction de principal poseur d’écrans — un domaine qu’il est encore loin de maîtriser et que ce nouveau rôle pourrait lui permettre de travailler. Résultat ? L’intérieur multiplie les courses vers le panier et reçoit de plus en plus de lobs de la part de ses camarades.

L’augmentation du nombre de passes est également l’œuvre de Gregg Popovich. En faisant sortir Zach Collins et Keldon Johnson du banc, le coach aspirait notamment à mettre l’accent sur Victor Wembanyama et Devin Vassell. Depuis qu’il joue pivot, le Français est donc mieux servi — et ces progrès continueront à mesure que l’alchimie se crée.

« Ils commencent à comprendre qu’il mesure 2,24 m et qu’ils peuvent lui lancer le ballon en l’air lorsqu’il se dirige vers le cercle en pick-and-roll. Ils peuvent lui faire une pocket pass, parce qu’il prend de bonnes décisions et qu’il a la capacité soit de marquer, soit de passer à un autre joueur », s’est amusé Popovich.

C’est sur le front défensif que l’évolution est la plus marquée. Victor Wembanyama se charge plus souvent le pivot adverse. Il est rarement assigné à un joueur spécifique, en défense individuelle, et continue de roamer dans la raquette. Toutefois, depuis qu’il ne peut plus compter sur un autre « big » pour partager cette charge, il protège davantage le cercle.

Un Victor Wembanyama plus efficace au poste 5

Tout cela a évidemment des répercussions sur les résultats. Non pas sur le bilan de l’équipe, qui n’a remporté que deux des 11 matches auxquels Victor Wembanyama a participé depuis, mais ailleurs. Cet impact est cependant difficile à mesurer du fait des changements dans le reste de l’effectif, de la limite de minutes qui lui est actuellement imposée, de sa progression naturelle en tant que rookie.

Ce qui apparaît clairement, c’est que « Wemby » parvient désormais plus fréquemment au panier adverse. Lorsqu’il joue pivot, la proportion de ses tirs sous le cercle grimpe de 14 % selon Cleaning The Glass, avec un taux de réussite légèrement supérieur (+4 %).

S’il tente toujours autant de tirs à trois points, il en rentre plus qu’avant. Depuis son changement de poste officiel, le 8 décembre, il a fait mouche sur 34 % de ses shots à l’extérieur (+7,5 %). Il a seulement réduit sa part de tentatives à mi-distance — un régime sain dans la NBA moderne —, qui étaient souvent une solution de secours lorsqu’il n’arrivait pas à accéder au panier.

La quasi-totalité des statistiques de Victor Wembanyama a augmenté. Son nombre de rebonds (+2,5/36 minutes) et de contres (+2,3/36 min) a particulièrement gonflé. Il est d’ailleurs, à ce jour, le meilleur contreur de la ligue.

« J’essaye de me concentrer davantage sur le rebond et le fait d’être un joueur solide pour l’équipe. Ne jamais être soft », a expliqué le rookie, qui vient de fêter ces 20 ans.

Cette évolution est le reflet de ses nouvelles responsabilités défensives et de sa proximité du panier en attaque. Et au-delà des chiffres, tous ces progrès se confirment visuellement et satisfont visiblement Gregg Popovich.

Puisque cette formule fonctionne si bien pour Victor Wembanyama, elle devrait certainement rester en place jusqu’à la fin de la saison. Après tout, on ne change pas une équipe qui gagne — enfin… vous avez saisi l’idée !

 

Credit Photo : Scott Wachter-USA TODAY Sports