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Sans revenir aux années de Wilt Chamberlain et Bill Russell, le jeu dans la NBA de ces vingt dernières années à beaucoup varié. L’arrivée de deux joueurs historiques issus du lycée, Kobe Bryant et LeBron James a modifié le jeu.
Depuis toujours le jeu de la NBA est basé sur le un contre un à tel point que la défense de zone est interdite depuis la création de la ligue en 1940 jusqu’en 2001.
Depuis 2001, il y a la règle des trois secondes en défense: les joueurs ne doivent pas rester plus de trois secondes dans la raquette. De ce fait, la défense de zone est autorisée avec par exemple des joueurs comme Shaquille O’Neal, grand critique de Rudy Gobert, lui aussi pivot dominant en défense dans la raquette. Sa génération est la première à devoir s’adapter.


Mandatory Credit: David Butler II-USA TODAY Sports
Gregg Popovich est de ce point de vue une référence. La finale 1999 entre les Spurs et les Knicks est le début de ce que sera le futur du jeu moderne de la NBA avant le changement de règle.
Le duo David Robinson et Tim Duncan est le type d’équipe qui préfigure le rôle des joueurs intérieurs. Cette année-là est la saison du lock-out. La grève des joueurs est aussi le début d’une nouvelle ère de la NBA, post Michael Jordan.
À la différence de Pat Riley ou Phil Jackson, Popovich a rapidement su organiser le jeu des Spurs autour d’un pivot mobile. Phil Jackson et Pat Riley ont pour leur part eu l’intelligence d’adapter tout leur système, l’attaque en triangle de Jackson et le jeu de passe de Riley avec ces règles.
Le jeu de un contre un est et sera toujours l’ADN de la NBA, le jeu issu des play-ground. Kobe, Jordan et LeBron sont les exemples parfaits de joueurs capables de faire la différence à eux seuls. Pour autant, il leur a fallu l’apport d’un entraîneur et d’une organisation pour les faire gagner. En NBA, seul, il est possible de gagner un match. Pour un titre, il faut une équipe.


Mandatory Credit: Rob Schumacher-USA TODAY Sports
L’opposition de style de jeu entre les Lakers et les Spurs domine le début de ce siècle jusqu’à l’apparition du jeu des Golden State Warriors à partir de 2014. L’homme responsable de ce jeu est Steve Kerr. Ancien joueur de Jackson et Popovitch, il réussit à inventer un jeu qui fait aujourd’hui référence.
Steve Kerr crée son école de jeu autour de deux joueurs, Stephen Curry et Klay Thompson qui sont deux des meilleurs shooteurs à trois points de l’histoire aux côté de Reggie Miller et Ray Allen.
Il est basé sur la relation intérieur extérieur avec des intérieurs, comme Andrew Bogut qui posent des écrans à la ligne à trois points et libèrent ainsi un temps d’avance pour permettre à des joueurs de haut niveau de gagner le dixième de seconde pour faire la différence.
D’autres entraîneurs sont dans cette filiation à l’instar par exemple de Quinn Snyder. Rudy Gobert est critiqué récemment par Shaq pour son apport offensif, ses statistiques, et ses performances défensives malgré ses trophées de DPOY, meilleur défenseur de la ligue. Pour autant, ses statistiques sont en rapport avec ce que lui demandent ses entraîneurs et aussi ses aptitudes.
Rudy Gobert est l’exemple du joueur fait pour s’adapter au type de jeu avec la règle des trois secondes. En défense, de par sa formation en Europe, il sait jouer avec le jeu de zone tout en étant une force de dissuasion en un contre un sous le panier. Il décourage les attaquants adverses et les force à faire une passe de plus susceptible de donner une nouvelle chance à ses coéquipiers de défendre.
Après la domination des Warriors, de nouveaux joueurs sont arrivés d’Europe, tels Giannis Antetokounmpo, Nikola Jokic et Luka Doncic qui sont des joueurs capables de dominer des joueurs comme Gobert. Ce sont plus leurs qualités individuelles qui font la différence, majeures comme en attestent les titres de MVP de Antetokounmpo et Jokic et dans une moindre mesure Joel Embiid, que le système de jeu.


Mandatory Credit: Isaiah J. Downing-USA TODAY Sports
Le jeu, aujourd’hui, voit des pivot capables d’écarter les défenses et adroit à trois points et donc de faire sortir les pivots comme Gobert et libérer ainsi les espaces dans la raquette. De ce point de vue, la première saison de Victor Wembanyama montre que malgré des résultats catastrophiques, Popovich invente un nouveau jeu avec un jeune joueur.
L’année à venir va nous montrer ce que les coachs vont choisir. Plusieurs systèmes vont cohabiter. Celui des Celtics, champions en titre, avec un jeu dans la lignée des Warriors, des intérieurs pour fixer la défense et des joueurs extérieurs, Tatum, Green et Holiday, aussi bons en attaque qu’en défense.
Les Nuggets, les Mavericks et les Bucks sont en quête d’un nouveau titre autour de Jokic et Antetokounmpo. Chez les Timberwolves, le Heat et les Sixers, le jeu mixe entre un secteur intérieur fort et des extérieurs polyvalents comme Anthony Edwards pour Minnesota.
Enfin l’évolution des performances des Spurs, Hawks, Wizards et Rockets est à suivre.
L’évolutions du jeu des pivots à venir est celle espérée par les deux derniers premier tours de draft français Victor Wembanyama en 2023 et Zaccharie Risacher. Cette année ilss definissent le nouveau jeu NBA.


Mandatory Credit: Scott Wachter-USA TODAY Sports
L’évolution du jeu vient aussi de l’origine des stars, tous les noms cités sont. Ils sont formés en Europe. Les points communs sont l’expérience du jeu au niveau professionnel, avec un jeu différent basé d’abord sur la défense puis sur la capacité de jouer collectif et avoir un quotient intellectuel basket élevé.
Les joueurs issus du système universitaire, NCAA, ont des règles de jeu différentes, peu d’années d’expérience. Ils n’ont qu’entre une et deux années pour les joueurs draftés les plus haut en NBA. leur avantage est la connaissance de la culture basket américaine.
Les entraîneurs universitaires de basket sont reconnus. Mais les joueurs manquent de durée d’apprentissage, au contraire du football universitaire où les joueurs effectuent la plupart un cursus universitaire complet les rend immédiatement prêts.
Enfin, en NBA, les exemples récents de Frank Ntilikina et Evan Fournier montrent que quelle que soit l’expérience et le référencement en NBA, des retours en Europe sont possibles. Dans l’autre sens Guerschon Yabusele, après des Jeux Olympiques réussis, revient en NBA donc des passerelles existent entre les deux côtés de l’Atlantique.
Crédit photo: Jayne Kamin-Oncea-USA TODAY Sports