



Lorsqu’il jouait dans la conférence Est, LeBron James vivait chaque saison ou presque une promenade de santé jusqu’aux NBA Finals. Ce ne sont pas les habitants de LeBronto qui vous nous contredire…
Seulement, depuis son arrivée dans la Cité des Anges en 2018, James a connu beaucoup plus d’embûches. Longtemps blessé, il manque la post-season pour sa première saison en Purple & Gold. La deuxième est celle du titre dans la bulle. En 2021, les Lakers perdent au premier tour contre les Suns et l’an dernier, ils n’ont même pas vu le play-in !
La bague acquise à Orlando n’est qu’un trompe-l’œil : LA n’y arrive pas. Depuis trois saisons, la plus célèbre équipe de NBA est en vacances avant le mois de mai et à part les fans des Clippers et les LeBron haters, personne ne voit cela d’un bon œil.
Cela paraît difficile à croire mais non, le King n’est pas éternel ! D’un point de vue sportif et surtout financier, la NBA veut voir le meilleur marqueur de son histoire sur le terrain pour les matchs les plus importants. Le grand roman de la ligue est écrit par des stars de son calibre. Les Lakers vendent des places et des maillots et génèrent de l’audimat et du clic : ils ne peuvent tout simplement pas gâcher la fin du prime de leur numéro 6.
L’an dernier, ce dernier a juré sur Twitter qu’il ne manquerait plus jamais les playoffs. Mais aux deux tiers de la saison, son équipe est engluée à la 13ème place et perd des matchs importants contre des concurrents directs, comme lundi contre Portland. Les voyants sont au rouge mais la franchise aux 18 bannières peut tout de même y croire.
Il reste 24 rencontres à jouer aux Californiens et ils devront tous les aborder comme des « Game 7 ». Sur ces 24 matchs, seulement 4 auront lieu contre des équipes qui sont aujourd’hui dans le top 10 de la Ligue (deux fois Memphis et Phoenix).
Dans ce calendrier, on retrouve beaucoup d’équipes de l’Ouest qui luttent elles aussi pour passer la saison régulière. Les hommes de Darvin Ham vont jouer deux fois contre ces mal classés : les Warriors, le Thunder, le Jazz et les Wolves. Des must-wins !
Aussi, 14 de ces matchs se joueront à domicile. C’est un avantage non négligeable quand on connaît la ferveur des fans de la Crypto.com Arena. Une autre donnée à prendre en compte est l’arbitrage. C’est certain : LeBron et AD vont avoir plus de coups de sifflet en leur faveur qu’un rookie ou un simple role player. Il s’agit de ce qu’on appelle les superstar calls.
Los Angeles jouit également des big market calls. En 2004, deux ans après le scandale arbitral de Lakers-Kings en finale de conférence, le commissioner de l’époque, David Stern, affirme que sa finale idéale est « Lakers versus Lakers ». Cette phrase fait couler beaucoup d’encre et même si la NBA n’est pas une ligue truquée, le coup de sifflet décisif a plus de chance de sourire à l’équipe d’une grande ville comme LA ou Boston plutôt qu’à Minnesota ou Charlotte. Les plus mauvaises audiences du siècle (hors confinement) ont été enregistrées en 2003 pour l’affiche entre deux très petits marchés : San Antonio et New Jersey. Une finale Los Angeles – New York fera forcément plus rêver !
(Le choix d’utiliser les mots « New York », « finale » et « rêve » dans la même phrase est tout sauf fortuit – ndlr.)
On peut avoir les supporters les plus bruyants et les arbitres les plus conciliants, la vérité viendra toujours du terrain ! Le facteur le plus important reste les joueurs. Les Lakers font partie des grands gagnants de la trade deadline avec les acquisitions de Rui Hachimura, D’Angelo Russell, Jarred Vanderbilt et Malik Beasley, meilleur marqueur des siens face aux Blazers. Le cirque médiatique est moins tapageur depuis les départs de Westbrook et Beverley. Surtout, LeBron James a enfin battu le record de points de Kareem Abdul-Jabbar. C’était l’un des objectifs de la saison et l’équipe et son leader peuvent passer à autre chose.
Le plus gros problème de cet effectif remanié est qu’il n’a pas le temps de se découvrir et de travailler les automatismes. LA doit gagner et doit gagner maintenant. Certes, chacun connaît son rôle mais on ne peut pas improviser une alchimie d’équipe. Les Warriors se trouvent les yeux fermés, Portland a la même ossature que l’an dernier et les collectifs de Utah et OKC sont bien huilés. L’apprentissage va être express et l’échec n’est pas une option.
Les Lakers s’appuient sur James comme s’il avait encore 25 ans. L’exemple le plus frappant est ce match de la mi-janvier contre Houston. A domicile contre la plus mauvaise équipe du pays, Los Angeles aurait dû tranquillement gérer la rencontre et faire souffler son capitaine. Seulement, l’équipe en a été incapable et le Chosen One a dû prendre 26 tirs et marquer 48 points pour difficilement l’emporter dans le money time.
Depuis son record historique contre le Thunder, le « Kid from Akron » n’a plus refoulé les parquets (il devrait être en tenue ce soir contre les Pelicans). Avant cela, il avait déjà raté 10 matchs cette saison. La santé est évidemment la préoccupation numéro un pour l’autre superstar de l’effectif, Anthony Davis. The Brow a déjà manqué 24 matchs cette saison et sa présence est indispensable pour pouvoir rêver plus grand !
Les espoirs californiens tiennent donc sur les performances d’un vétéran de 38 ans, la forme d’un intérieur fragile comme du cristal et l’osmose d’un groupe qui se découvrent. Dit comme ça, on ne parierait pas un penny sur ces joueurs. Mais… c’est Los Angeles, et à La La Land, tout est possible !
Il suffira d’une étincelle, d’un buzzer beater qui tombe dedans, d’un blessé en face, d’une faute non-sifflée en défense, d’un role player qui marque 8 trois points, d’une série de quelques victoires, de l’élan d’une ville toute entière qui se crée pour que cela fonctionne.
Avec un bilan de 26 victoires et 32 défaites, les Lakers sont encore dans la course au play-in. Heureusement que celui qui a créé ce mini-tournoi ne s’est pas fait virer, pas vrai LeBron ?
Golden State privé de son chef Curry est 9ème en 29-29 et Utah est juste en-dessous à 29-30. Dernier match de la saison ? Lakers-Jazz messieurs dames !
Notre pronostic pour leur classement final ? La 10ème place ! Ils vaincront le 9ème dans le premier match du play-in et auront l’opportunité de jouer une finale pour les playoffs. Est-ce qu’ils la gagneront ? Réponse le 14 avril !