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Interview Maxime Raynaud : « Russell Westbrook me parle H24 »

Maxime Bodilis

Sélectionné en 42ème position de la dernière Draft par les Sacramento Kings après un long cursus universitaire, Maxime Raynaud (2,16m, 22 ans) prend peu à peu ses repères en NBA. Désormais titulaire en Californie grâce à ses progrès et à la blessure de la star Domantas Sabonis, l’ancien pensionnaire de la JSF Nanterre s’affirme comme l’un des meilleurs débutants de la cuvée 2025 avec notamment 15,6 points et 6,8 rebonds de moyenne sur ses 5 dernières sorties !

Présent au Gainbridge Fieldhouse d’Indianapolis lundi en amont de la rencontre opposant les Pacers aux Kings, The Playoffs a eu la chance de s’entretenir avec Maxime Raynaud. L’occasion de revenir notamment sur ses nouvelles responsabilités au sein du groupe de Doug Christie et sur sa relation au quotidien avec la légende Russell Westbrook. Entretien exclusif.

Remplaçant jusqu’ici, tu as vécu ta première titularisation contre Miami le 6 décembre dernier (12 points et 10 rebonds). Comment l’as-tu apprise ?

Je l’ai su quelques jours avant. Ca faisait déjà quelques matchs que les gens en parlaient. Et quand on est arrivés à Miami, je me suis retrouvé avec le coach dans l’ascenseur. C’est là qu’il m’a annoncé qu’il allait me titulariser.

Quel a été ton sentiment en sachant que tu allais démarrer contre le Heat ?

C’est cool. C’est la récompense du travail accompli. Et ca permet de booster la confiance. En même temps cela requiert d’assumer davantage de responsabilités, de mieux connaître les starters, de comprendre comment ils aiment recevoir le ballon, etc. Mais c’est un message positif.

Zach LaVine a récupéré le ballon du match pour te l’offrir. Qu’as-tu ressenti lorsqu’il te l’a remis ?

Il a mis 42 points dont 30 en première mi-temps donc il aurait clairement pu le garder pour lui. Mais c’est un mec cool et son geste en dit long sur son altruisme, sur sa volonté de tirer l’équipe vers le haut. Ca m’a fait plaisir.

5 ballons et 9 ramasseurs de balle

Tu es passé de remplaçant à titulaire pour ta première saison en NBA. A quel moment as tu senti que tu appartenais vraiment à la grande ligue ?

Je l’ai ressenti cet été. J’avais appelé mon coach pour lui annoncer que j’allais shooter à la salle pendant 45 minutes. Quand je suis arrivé sur le parquet, il y avait 9 personnes pour prendre mes rebonds. J’ai un peu paniqué. Je me suis vu seul sur le terrain avec mes 5 ballons et mes 9 ramasseurs. Je me suis dit « wow ! ». Mon tout premier match contre les Nuggets de Nikola Jokic, c’était incroyable aussi.

Russell Westbrook a lui aussi intégré le 5 de départ en cours de route. Comment juges tu ta relation avec lui, sur comme en dehors du terrain ?

C’est un vétéran super cool. Il te demandes toujours de lui rendre quelques services, mais ça créée du lien donc c’est bien. Il est très extraverti,  il parle beaucoup, et te conseille en permanence. C’est quelque chose qui m’aide, et je lui pose d’ailleurs pas mal de questions. Notamment pour savoir comment il veut me donner la balle au regard de son grand talent à la passe. Au fur et à mesure des matchs et des entraînements, on a une confiance qui est en train de se développer. Ca se fait naturellement et c’est un gars super.

« J’ai pas eu besoin de temps d’adaptation »

Y a-t-il un conseil en particulier que tu pourrais nous partager ?

Oui. Il m’a dit de tirer systématiquement quand j’attrapais la balle près du panier. Même si je pense que c’est avant tout pour lui permettre d’engranger des passes décisives (rires), moi ça m’a surtout donné beaucoup de confiance. Honnêtement, il me parle H24 et ça m’aide énormément.

Dans quelle mesure tes 4 années passées à Stanford t’ont permis de t’adapter aussi vite au jeu et à la culture en NBA ?

Ca m’a aidé à tous les niveaux. Je joue ma première saison en NBA, mais je suis aux U.S. depuis 4 ans déjà. J’ai déjà des amis ici, je sais comment ça fonctionne, je connais la mentalité, donc j’ai pas vraiment eu besoin d’un temps d’adaptation. Même au niveau de l’impact physique. La NBA ça reste un cran au-dessus, mais ça m’a quand même permis, comme ma campagne avec l’équipe de France U20, de me préparer au mieux.

Un « bébé » au milieu des « buffles »

A quel point la dimension physique est impressionnante en NBA ?

Les mecs sont énormes ici. Toujours lors de mon premier match contre Denver, je me suis retrouvé face à Jonas Valanciunas, et je me suis dit que j’étais un bébé comparé à lui. C’est n’importe quoi. C’est des monstres de la nature et en plus de ça, c’est des énormes travailleurs. De manière générale, tu évolues au milieu des buffles.

Victor Wembanyama joue aux échecs, certains sont sur leur console. Comment est-ce que tu occupes ton temps libre ?

Ca va beaucoup plus vite que ce que je pensais. Entre les avions, les repas, le repos, j’ai pas le temps de m’ennuyer durant les déplacements. A Sacramento j’essaie de sortir un peu. On avait les fêtes de Thanksgiving récemment, avec une petite course solidaire qui était organisée. J’y ai participé avec des amis, c’était cool. J’essaie avant tout de voir du monde et de découvrir la région où je vis.

Les statistiques de Maxime Raynaud cette saison (16 matchs) : 16,8 points, 4,4 rebonds et 1,0 assist de moyenne.

Credit : © William Liang-Imagn Images

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Rédac' Chef « Basket » chargé de la qualité des contenus et du respect de notre ligne éditoriale. Ancien joueur de la SIG Strasbourg reconverti dans le journalisme. Passé par les centres de formation BeBasket, Reverse et Skweek avant de rejoindre The Playoffs. Biberonné aux dunks de Shawn Kemp et aux duels Pau-Limoges. Fan inconditionnel de Damian Lillard et Laurent Sciarra. Les highlights de Wemby illuminent mes journées. Et le shoot de Diamantidis continue de hanter mes nuits.

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