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Steph Curry va redécouvrir quelque chose qu’il n’a pas connu depuis 10 ans malgré son âge avancé (36 ans). En ce mois de Juillet 2024, c’est effectivement la première fois depuis 2014 que le meneur des Warriors enfile un maillot de Team USA. À vrai dire, il n’a même jamais connu ce qu’il s’apprête à vivre dans les prochaines semaines.
D’abord parce que, autant étonnant que cela puisse paraître, il n’a jamais disputé de Jeux Olympiques (même si vu le CV du bonhomme, tout laisse à penser qu’il n’est pas si nerveux à l’idée de cet enjeu). Mais surtout parce qu’il évoluera dans l’une des équipes de basket-ball la plus talentueuse de l’histoire (qui n’a rien à voir avec les équipes de 2010 et 2014), qui induit de fait de devoir trouver sa place autour des meilleurs joueurs de la planète en un temps très court.
Showmanship.
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Commençons d’abord par regarder les enseignements passés du Stephen Curry version Team USA.
Avant toutes choses, il convient de rappeler une nouvelle fois que les deux fois où Curry a connu l’équipe nationale, il était un joueur radicalement différent (c’est la première fois cet été qu’il disposera du statut de MVP et de champion NBA sous le maillot étoilé) et le contingent qui l’entourait n’était pas aussi impressionnant que celui de cette année, sans vouloir faire offense à personne.
Ces deux paramètres sont évidemment à prendre en compte au moment de se plonger dans le passif de Curry avec les États-Unis.
Tout cela étant dit, étudions ce fameux passif. Pour faire court, le bilan est assez similaire entre la Coupe du Monde 2010 et la Coupe du Monde 2014.
Seul facteur réellement différent et impactant, le temps de jeu de l’ancien de Davidson. En 2010, Curry est surtout pris pour compléter la rotation. Lors de ce mondial en Turquie, il ne joue en moyenne que 10.6 minutes par match et ne participera pas à un match. Là où en 2014, Curry a pris une autre dimension et devient titulaire au sein d’une équipe où il dispute en moyenne 20.6 minutes par match (5ème plus haut temps de jeu) et où il prendra cette fois part à l’entièreté des matchs en Espagne.
Au final, lors de ces deux Coupes du Monde, Steph Curry a été le joueur que l’on connaît : un gros shooteur extérieur capable de distribuer le ballon. Tout cela, le meneur de Golden State l’avait bien fait, mais pas à niveau exceptionnel non plus.
Ainsi, en 2010, il tourne à 4.6 points de moyenne pour 2.1 passes décisives en plus de 0.9 trois points rentrés sur 2.4 tentés (36.8%). 4 ans plus tard et avec des minutes doublées, ces chiffres passeront respectivement à 10.7, 2.9 et 2.3 sur 5.3 (43.8%).
Si ces données brut paraissent assez faibles, il faut les mettre en perspective avec le reste de l’équipe pour comprendre que ces chiffres sont plutôt bons. En 2010, derrière un Kevin Durant en mode extraterrestre, le deuxième meilleur marqueur est à 9.8 points inscrits en moyenne par matchs et avec 2.1 passes décisives, Curry est le 4ème meilleur passeur de l’équipe.
De même si ses 0.9 et 2.3 tirs à trois points réussis en moyenne par matchs sont loin de ses chiffres en NBA, cela le place au 4ème plus haut rang en 2010 et au 2ème en 2014.
Shake off the rust & send 'em flying.
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— USA Basketball (@usabasketball) July 11, 2024
Ces chiffres montrent donc le style de jeu adopté par Curry en sélection qui se répercute sur ses données aux lancers-francs, puisqu’il ne tournait qu’à 1.9 lancers par matchs en 2014 et 0.3 en 2010 (le pire total). Précision intéressante tout de même, le meneur de 36 ans n’a jamais manqué un lancer franc en match officiel avec Team USA.
Côté collectif en revanche, le bilan est époustouflant et radical : Stephen Curry n’a jamais perdu le moindre match avec un maillot américain sur le dos selon ESPN. Cela s’est donc traduit par deux titres de champions du monde achevés par une campagne parfaite et une alchimie de groupe remarquable, qui colle avec la personnalité du MVP des Finales NBA 2022.
En résumé, Stephen Curry a toujours été le même joueur en club et en sélection. Même s’il n’a jamais été flamboyant sous un maillot américain il s’est toujours appliqué à faire ce qu’il sait faire de mieux, tirer de loin, distribuer le ballon et gagner. Un schéma que l’on pourrait bien retrouver pour ce millésime 2024…
Ce n’est un secret pour personne, Steph Curry a construit une bonne partie de sa légende avec les Warriors grâce au jeu en « off-ball », soit le jeu sans ballon.
Dans un effectif peuplé de stars, toutes demandeuses et habiles balle en main (LeBron, Tatum, Edwards ou Booker pour ne citer qu’eux), il n’y aura pas la place pour tout le monde. Et c’est donc là que Curry pourrait avoir sa carte à jouer, puisqu’il est donc l’un des meilleurs joueurs de l’histoire sans ballon et que celui-ci devrait souvent être prisé par d’autres mains en attaque.
Pour vous situer toute l’excellence du meneur d’1m88 dans son jeu sans ballon, voici quelques chiffres intéressants.
Lors des Finales NBA 2022, l’institut Second Spectrum, s’était intéressé au jeu sans ballon de Curry, mais chose intéressante, ils s’étaient focalisés sur le jeu sans ballon vers le panier du joueur des Warriors et non à trois points où on l’attend plus souvent.
This connection 🤝
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Ainsi, là où Curry est le plus menaçant, c’est lorsqu’il coupe vers le cercle sans ballon. Sur tout ce type d’actions, Curry avait créé un 1.241 point par occasion, c’est plus que dans tout autre type d’actions, que ce soit en isolation (1.074 points), en pick & roll (1.060) ou en main-main (1.130).
Toujours selon l’étude de Second Spectrum réalisée lors de l’été 2022, depuis la saison 2013-2014, Curry fait partie des seuls 10 joueurs ayant réalisés 10 000 coupes vers le panier sans ballon et il est le seul joueur dont au moins 6 000 coupes ont créé à minima 1 point par occasion.
De plus, cette même étude avait démontré que sur les Finales NBA 2022, Curry se montrait plus menaçant dans un système de « wide pindown » que dans un « pindown » simple. Pour l’explication technique, un pindown est un écran posé ligne de fond pour un joueur qui doit remonter dans l’axe du terrain alors que le wide consiste à ce que le joueur reparte dans le côté fermé.
Cela traduit ainsi le fait que Curry est encore plus dangereux lorsqu’il utilise son jeu sans-ballon proche du panier et le « wide pindown » qui ouvre énormément d’espaces pour ses coéquipiers. Lorsque que l’on connaît la qualité du joueur à trois points, cela vous situe le niveau de danger lorsqu’il privilégie un jeu vers le cercle.
Évidemment il ne faut non plus oublier toute la menace extérieure que représente le fils de Dell Curry qui tournait encore cette saison à 2.6 tirs inscrits en moyenne par matchs en situation de « catch and shoot », soit le 5ème plus haut total de NBA, le tout avec un total s’élevant à 44.8% pour les tirs à trois points en « catch & shoot ».
S’il ne s’agit pas de dire que Steph Curry est devenu un meilleur joueur intérieur qu’extérieur, ces chiffres nous permettent de voir que la menace n’est parfois pas là où on l’attend le plus avec Curry.
Avec la qualité de passeurs qu’il l’entoure, il devrait utiliser plus que jamais ses capacités de joueur sans ballon durant ces olympiades, au point presque d’abandonner son poste de meneur de jeu. Ce jeu sans ballon pourrait aussi lui permettre d’exploiter ses qualités de passeurs, puisque rien ne l’empêchera de faire une passe après avoir reçu le ballon grâce à son mouvement sans ballon et ainsi sanctionner les espaces qu’il créera lui-même, avec sa passe.
Tous ces systèmes de jeu seront particulièrement intéressants à observer durant la préparation de Team USA, et ce dès ce soir. Il y a en tout cas fort à parier que Stephen Curry utilise massivement son jeu sans ballon dans cette Dream Team new-look, qui plus est lorsque l’on connaît l’intelligence de jeu de certains de ses coéquipiers, à commencer par LeBron James.
Il ne faut pas enfin oublier que l’entraîneur en chef de cette équipe est Steve Kerr, aussi entraîneur de Curry avec les Warriors depuis 2014, est qui est donc parfaitement rompu à cette utilisation tactique du double MVP.


Stephen Curry et Steve Kerr (à droite) se connaissent parfaitement et seront ensemble pour ces Jeux Olympiques 2024. Mandatory Credit: Chris Nicoll-USA TODAY Sports
Pour conclure, les meilleurs mots concernant cette adaptation au sein de cette équipe assez extraordinaire reviennent au principal intéressé : « C’est toujours un format amusant quand vous avez tout ce genre de gars-là ensemble. C’est un défi d’essayer de trouver […] cette alchimie […] et le rythme, surtout en attaque parce qu’il y a une tentation de prendre du recul, de sur-réfléchir à chaque possession parce que chacun peut prendre le jeu à son compte.
Et quand tu as un avantage, tu [dois] essayer de rendre le jeu le plus simple possible, et le premier cinq a du mal avec ça. Mais une fois que nous étions installés, on dirait que tout le monde se sentait plus à l’aise au fur et à mesure que nous avancions dans la rencontre. J’espère que pour les quatre prochains matchs de préparation nous verrons plus de progrès. […] J’aime juste jouer. » déclarait l’homme aux 3 747 paniers à trois points en carrière après le match face au Canada la semaine dernière.
Premier élément de réponse ce soir 18h heure française.
© Candice Ward-USA TODAY Sports